2000 kms au pays des rêves

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Photos : Jako Martinet 
rider et texte : Xavier LEONTI


D’aussi longtemps que je me souviennes, je rêve d’aller au Canada. Oui mais voilà, il y a un temps pour chaque rêve et certains réclament patience. Mais à trop attendre, la vie s’écoule, sournoise et discrète à la fois, et elle a tôt fait d’endormir la vigilance de celui qui se relâche. Je suis plus qu’heureux de garder mes rêves d’enfant et de tenir mon cap tant que celui ci n’est pas franchi car l’heure est maintenant venue d’ouvrir une nouvelle boite à rêves.

C’est décidé je pars pour 3 semaines, parcourir les territoires au cœur de la Colombie Britannique, que tout les canadiens, bien que relativement peu vrai au niveau géographique, appellent le Nord (Great White North). Impossible de se rendre là-bas en restant sur un seul spot, Le pays est vaste (2ème plus grand pays du monde derrière la Russie) et il y a tant à découvrir. Atlas, mon ami l’atlas, ouvre toi. Il s’agit dorénavant de parcourir cartes, journaux et autre mappemonde afin de dessiner un trajet qui me mènera de montagnes en montagnes, en espérant y trouver cette neige pour laquelle on donnerait tout.
Les skieurs connaissent tous la CB au travers de station telle que Wisthler, Fernie, Island Lake Lodge (juste à côté pour le catskiing) ou encore Bella Colla pour l’héliski. Victime de leur succès ces spots sont plein de monde. Et moi, le monde, je n’aime pas ça ! Il ne peut y avoir que plein d’autres endroits où trouver le bonheur. Une première trace ne se partage pas et si je dois me contenter de skier des dénivelés moins importants, dans des endroits plus modeste en échange de la paix sur la montagne, je prends sans hésiter.


Les autres qui n’ont pas hésité longtemps avant répondre oui à ma proposition sont Jako et François, les deux « chasseurs » d’images qui seront de la partie. Devant un café à l’aéroport de Lyon, j’expose les différentes étapes du trip à Jako. Après avoir atterri à Vancouver, il s’agira de remonter vers le Nord avec un vol de 750 kilomètres pour se rendre à Prince Georges, véritable début du trip. Ensuite direction le « Pine pass » à 200 kilomètres de là, où se cache la station de ski la plus au nord du Canada.
Ensuite au cours d’un périple de 2 000 kilomètres, nous voyagerons à nouveau vers le Sud puis le nord ouest jusqu’au frontière de l’Alaska et enfin vers l’ouest pour se retrouver au bord de l’océan. Ce trajet nous mènera dans trois stations de skis et deux bases d’héliski. Cinq étapes avec la soif de découvrir de nouveau terrain de jeu mais également avec beaucoup d’interrogations. Nous verrons bien…

Vancouver. Capitale de la Colombie britannique, une ville reste une ville mais celle possède du charme. C’est un véritable parc de loisir géant, qui possède plus 100 marina, une population hétérogène et dynamique bref une ville branchée avec des stations de ski aux portes de la ville et d’autres dont la renommée n’est plus à faire à deux heures de route à peine. Mais malheureusement pour ces dernières, la météo est bien clémente cet hiver. Il fait chaud et ce qui tombe dans les environs n’est pas de la neige. Pour l’instant, saison désastreuse : à Wisthler, ils pleurent ! (jolie rime, non ? enfin ça dépend où on habite !) On ne reste pas, plus il fait chaud, plus j’ai froid dans le dos.
On ne peut pas dire que ça parte bien avec ces ondes négatives! Fort heureusement, le saut de puce qui nous amène à Prince Georges, nous redonne le sourire. Les montagnes que nous survolons sont blanches et bien attirantes. Tiens, ne reconnaîtrais- je pas les Cariboos la dessous ? Pas le temps d’élaborer un détournement d’avion que déjà il se pose.

La voiture de location est trop petite j’explique, désolé, à la dame qui me ré explique à son tour qu’elle était déjà passée dans la catégorie supérieure ! Les minutes passent, on se représente assez mal parfois toute la m… qu’on trimballe. Je vois le moment ou on va se retrouver à pied avec chacun 50 kilos de bagages ! Elle réfléchis un instant, je veille à ne pas me faire une entorse de l’oeil car la charmante apprécie le silicone et le fait savoir alors depuis un certain je commence à avoir des tics ! Elle rompt le supplice en me remettant un joli sourire accompagné des clés du plus gros modèle du parc de location. Y va bien falloir…
Ca y est, ça rentre juste mais ça rentre. Si on se dépêche on aura peut-être droit à notre premier coucher de soleil sur les montagnes.

POWDER KING

Malgré le survol quasi permanent de beaux massifs, le relief se rabaisse en arrivant à Prince George et l’horizon n’est bouché que tardivement par des collines boisées. le terrain est assez plat mais les 200 km qui nous sépare  de notre destination ont de quoi modifier le paysage. C’est ce que nous cessons de nous répéter car nous nous rapprochons sérieusement, mais les collines restent collines, rien de bien montagneux ne se profile. Soudain, au détour d’un virage (si, si !) une montagne comme nous n’en n’avions jamais vu (et d’une). On devine la roche par endroits mais la montagne est intégralement blanche. Blanche plâtre, blanche chantilly comme bon vous semble mais dans tous les cas blanche de chez blanche.
Ca y est, on hallucine ! Qui a mis du LCD dans la bouteille de flotte, c’est pas drôle ?! Je lève le pied, on contemple en essayant de trouver un endroit pour se garer: les murs de neige empêchent l’accotement. Plus nous avançons, plus ce « petit » bout de nature dévoile ses charmes. Un sommet puis deux puis trois puis on cesse de compter et on s’arrête car la lumière se réchauffe et tout le monde veut sa première image ! Les compères descendent au pas de course, la main sur la gâchette prêt à faire feu, se mettent en joue et accomplissent leur devoir. Notre route s’achève d’ailleurs ici. Coïncidence ou providence, sans notre arrêt photo, il y aurait eu des chances que nous rations le panneau : Powder king ! à peine visible au dessus de la neige. Dieu sait jusqu’où nous aurions rouler ! 300 mètres plus loin un chemin tourne à gauche et nous amène devant les deux seuls bâtiments de la station. Le Dining room qui abrite le bar, la cafétéria et la location du matos et le « château Atco », une série de préfabriqués où sont hébergés les quelques employés de la station, le tout assez enterré sous la neige !


Nous comprenons vite en regardant autour de nous que nous skierons en face de la belle chaîne que nous venons juste de photographié. Notre terrain de jeu est moins pentu et surtout il dépasse à peine la limite des arbres. Voilà pour le décor. Mais avant de nous soucier de l’endroit où nous skierons il faudrait se soucier de l’endroit où nous dormirons ! Il n’y a pas de téléphone à powder king ! Encore moins d’internet ! Aussi des cinq points de chute, c’est la seule station que je n’ai pas réussi à contacter pour les prévenir de notre visite. Le bar est le seul endroit vivant, je trouve rapidement Richard le propriétaire, et quelques questions et réponses plus tard, nous avons un toit sur la tête, un matelas sur le dos, et quelques bières dans le ventre. Il est temps de prendre un peu de repos…

Il neigeote pour notre première session. La dernière chute remonte à il y a quelques jours. Plusieurs fois, on s’entend dire, comme en surf : « vous auriez du être là hier ! ». Qu’importe, il faut dire que la station est à la parfaite opposée des usines à ski, jugez plutôt : ouverte quatre jours par semaine, un télésiège et un téleski, 30 skieurs par jour en semaine, entre 200 et 500 le week-end. il donc faut un certain temps avant que « tout » ne soit tracé. Premières joies, premiers hourras ! Quel plaisir de skier sur une neige sans fond, la glisse en douceur. Il doit y avoir entre 20 et 30 cm, de quoi avoir le sourire mais pour la local qu’est Liz, ce n’est rien ! D’ailleurs, il y a quelques chose d’anormal, en ce mi février, le cumul atteint seulement 4 mètres contre 7 à la même époque l’an dernier !! Ah zut, pas de chances hein ? Trèves d’ironie, l’hiver est assez mauvais jusqu’à présent dans l’ensemble de la Colombie britannique (en fait c’est le plus mauvais hiver depuis 10 ans!), et beaucoup sont vraiment mal, ici on le ressent mais… beaucoup moins qu’ailleurs. Ici, on ressent tout beaucoup moins qu’ailleurs !

Vous êtes loin, la dernière station en allant vers le nord. Pas de moyen de communication sur place, on utilise la « cb » et on se déplace en scooter. Vous êtes loin et peu nombreux, la station compte 18 employés qui viennent en majorité de Prince georges. Ils arrivent le jeudi matin et repartent le dimanche soir chez eux… Entre temps, chacun occupe son petit poste dans cette station à échelle on ne peut plus humaine. La cafétéria, la location de matos, le bar, les remontées, en deux jours vous connaissez toute le monde. Et ce petit monde est formidable. Certains ont construits des maisons à proximité, d’autres squattent leur van tout l’hiver sur quelques emplacements aménagés, et enfin la plupart passe la saison dans le château « atco », pour faire cours, on dira que ça pourrait être un peu mieux « tenu » mais quand on aime…
Certains travaillent, d’autres ne sont là que par pur hédonisme mais tous sont réunis pour la neige, qu’ils dégustent en comité restreint ! Les jeunes et les moins jeunes se côtoient sans aucun problème. Sans doute parce que les gens de 45/50 ans qui sont ici,
ont gardé une âme d’enfant. Je les regarde vivre tout au long de la journée. Ils hurlent dans la forêt, ils ne parlent que de ça, comme l’ado qui est à « fond », il se chamaillent, parlent de leur dernier trip et ne pensent qu’au lendemain en souhaitant qu’il soit le même qu’aujourd’hui. Je reconnais cette passion dévorante qui dégage une source de vie que rien ne saurait tarir. Eux aussi ont gardé leur rêve d’enfant. Le ski est en eux ! Il faisaient ça il y a 40 ans, ils le font toujours dans une peau d’adulte mal taillée, qui se fond dans la masse le temps de petites semaines de travail car il faut bien un peu d’argent pour payer les factures…et la maison à Powder King ! On sent le « flower power  » qui rode, tel un fantôme, qui a du mal à quitter le lieux où il vécut de son vivant. L’ambiance est définitivement cool ! Pour renforcer cette sensation d’avoir remonté le temps et de s’être retrouvé dans une tribu d »‘hippies-skieurs », les baffles crachent du « Rolling stone » le soir et on prends son petit déj en compagnie de Led Zeppelin. Quand je vous disais…

Le ride est non stop et tout le monde sourit. Les gens respirent la joie, loin de tout et de tous mais proche de la poudre. Combien je les comprends. Les cris sont légions et permanents, comme une tribu qui communique. L’extase toutes les minutes ! Il y a deux ou trois pistes mais tout le monde possède des fats, certes old-school mais fat alors vous ne serez (presque) pas seul. De toute manière, personne ne se prend au sérieux, pas de guguerre, jeune -vieux, ski –snow…tous unis dans la peuf !

A 15h30 les remontées ferment et tout le monde se retrouve au bar pour se restaurer et se désaltérer, c’est de toute manière le seul endroit de vie. Il n’est pas tard, mais le temps ralentit ici. 18 h fermeture du snack, et à 20 heures, la patronne dit toujours, « ici à 8 heures il est minuit « . Ah, Ca doit être pour ça ! Mais n’y voyez pas là, la beuverie stupide de l’étudiant. Cette poignée de personne célèbre la vie, ils sont heureux car le bonheur, pour eux, se résume à une journée de ski entre amis. Et perdus au milieu de nul part, ils prolongent, sans le savoir l’ivresse de la journée en levant leur verre le soir.

On adopte le mode de vie local et vite on se fait des amis. On s’éloigne la journée mais on se retrouve après. Le ride se fait majoritairement en forêt, arbres assez serrés et terrain relativement plat. Mais l’avis se révise rapidement quand on sait qu’il n’y a que 10% du domaine qui est exploité. Il faudrait beaucoup d’argent et de clients pour développer le domaine. Personne ne semble vouloir accueillir plus de monde et l’utilisation du scooter pâlie aux remontées mécaniques. Presque chacun possède le sien et tout le monde se fera un plaisir de vous ramasser en bas des runs, au bords de la route. Payez votre coup ou votre litre d’huile et ça suffira. Tout le monde est content, les riders ont leur première trace et les drivers font fumer les machines… Pour les puristes, ceux qui ne jurent que par la peaux, il y a le Murray Range, les belles montagnes que nous avons vu en arrivant ici. Il faut attendre la fin de saison pour se faire quelques bivouacs de part et d’autres de ce massif. N’oubliez votre fusil…Vous risquez de ne pas être seul. Il y a plein de bébêtes et tout le monde a son lot d’anecdotes à ce sujet !!
Mais laissez cette petite troupe savourer leur vie qui n’en sera que plus heureuse si elle reste cachée et reprenons notre route.

SMITHERS

Nous revenons sur nos pas pour remonter à Smithers au nord ouest, à quelques 600 km de Powder king. On craignait un peu le
manque de neige, dont nous parlait tout le monde mais c’est tout à fait correct. Par contre, cette fois ci, trouver de la fraîche, s’avère plus ardu. En fait Hudson bay mountain qui est le vrai nom de la station, à 20 km de Smithers environ, offre un terrain assez peu radical et de taille modeste. Il n’y a que deux remontées là aussi (si on enlève le fil neige débutant) et une troisième qui ouvre uniquement le week-end. La versant sud, ne propose quasiment rien… à l’exception de pistes parfaitement damée avec une neige bien comme il faut. Jako qui est en snowboard hallucine, il a rarement vu des pistes aussi bien préparées. A quatre pattes au milieu de la piste, il me confirme solennellement que les raccords sont invisibles ! Si, si ! En attendant un patroller qui doit nous accompagner faire le tour du propriétaire, on se fait une petite séance de « courbe sur pistes » qui nous rappelle si besoin l’était que le plaisir se trouve parfois juste sous les télésièges. A signaler quand même que ce versant accueille un snow park assez bien fourni avec rainbow et autres rails assez fats, quelques tables, wall ride…Le plus gros park du nord, on peut lire sur la brochure. Il faut dire que peu de station se lancent dans l’aventure par ici. A l’instar des gars de Powder King, qui avaient passés du temps a shapé une table mais qui avaient laissé tomber dès le lendemain à cause du mètre de neige qui avait réduit en poussière (blanche !) tous leurs efforts. Celui qui vient skier dans le nord, ne vient de toute manière pas pour les « terrains parks » mais pour la neige fraîche alors laissons les considérations freestyle à d’autres et poursuivons.

Le panorama est époustouflant, au loin les Babine mountains (interdite au scooter) tout autour des massifs plus ou moins effilés et
quand ce ne sont pas les montagnes, ce sont les forêts qui s’étendant aussi loin que votre oeil peut voir. Ces forêts où, cohabitent le caribou, le loup et surtout celui qui dort profondément en ce moment, le roi des forêt : l’ours. Il y a de la place pour tout le monde ici. Même si l’humain attiré par les hauteurs s’aventure sur le terrain des animaux et même si parfois les animaux se rapprochent dangereusement de son cousin à deux pattes en pleine ville ! Chacun sait sa place, et tout le monde sait qu’il vaut mieux resté à l’écart des ours. Le grizzly, maître incontesté des lieux, promène son allure débonnaire et n’a que faire des humains, il se sait le maître et ne prête guère attention aux hommes. Evitez quand même de vous trouvez entre la femelle et ces petits si vous tenez la vie ! L’ours noir, lui est beaucoup plus curieux, et donc potentiellement plus méchant. Pour la petite histoire, à Prince Georges, en 1994, la police a abattu plus de 200 ours noir dans les rues de la ville. Une légende indienne dit que si un ours vous a choisi comme cible, vous n’y échapperez pas. Tachez de vous en souvenir pour le ski de printemps quand ces charmantes peluches géantes sortent de leur hibernation ! Même le meilleur sprinter ne fait pas le poids face à la rapidité d’un ours, alors, avec le sac, la tente sur le dos, vos grolles de skis et les peaux vous n’aurez sans doute pas le temps de composer :  » 36 15 je suis dans la merde ! « 

La faune et la flore mériterait qu’on s’attarde davantage sur elle mais l’heure tourne et notre guide est là. Il nous emmène sur le versant Nord en direction des « Cascades »,  histoire de goûter la peuf locale. Le terrain n’est pas très vaste mais il y a de la pente pour changer. Toujours en forêt mais plus espacée qu’à Powder King, avec une neige inchangée depuis son arrivée, on se dit une fois encore que vu la fréquentation, les jours de fraîche doivent être un régal à déguster en solitaire. Pour l’heure, il faut pousser plus loin, car il y a quand même pas mal de trace. Il y a quelques runs à faire si on prend le temps d’explorer le coin. Surtout si les conditions se prêtent à la descente jusqu’aux portes de la ville, quelques 9000 mètres plus bas. Le projet de faire de Smithers une vrai « ski town » est à l’étude avec la construction éventuelle d’un téléphérique qui partirai d’en bas. Fini les 20 kilomètres de route et bonjour les runs long et multiples. Mais ce n’est qu’un projet et laissons faire le temps…


Le plus intéressant se trouve au dessus d’une domaine skiable avec les deux 7000 (feet !). Quelques heures de peaux ou beaucoup moins de sled seront nécessaire pour vous retrouver sur un sommet qui promet de bons moments car d’ici aussi, vous pouvez choisir de terminer en ville. Plus proche, il y a les pentes du « Crater lake » nous nous contenterons de les regarder car le coin est assez chaud : il y a une belle corniche, de la pente qui se termine dans une belle cuvette avec un lac au fond. C’est pile ou face ! Nous ne tirerons pas au sort et après avoir fait quelques runs en « poudre » nous retournons sur les pistes, gardant le sourire malgré une situation que nous aurions souhaité moins tracée ! L’heure est aux débilités sur pistes. On prend également le temps d’observer le tournage d’une super production hollywoodienne. Je me renseigne rapidement: il s’agit des studios Dysney, le tournage est installé ici pour 4 mois. 70 millions de dollars de budget pour Antartica, une histoire de grand froid et d’animaux ! On ne risque pas d’apercevoir de jolie star du grand écran, alors on prends nos clics et nos clacs et on enchaîne.

BELL II

Les avis divergent fortement, et à chaque fois il est bien difficile de se faire une opinion. Les distances sur ce continent sont très grandes, avec des conditions de route variables, il est dur de deviner le temps nécessaire pour accomplir telle ou telle distance. Le trajet qui nous intéresse cette fois mesure environ 360 kilomètres. Nous devons être à 16 heure 30 à Bell II, la base d’héliski de lastfrontierheli, à quelques encablures de l’Alaska. Après une dernière matinée de ski à Smithers, nous démarrons excité par ce qui nous attends. La route est longue, le paysage magnifique, des montagnes de tous côtés éclairent nos visages. A l’image de ces loups que nous voyons depuis la route. Ce qui est commun pour le local l’est moins pour nous et on s’émerveille régulièrement sur le décor environnant. A Meziadin Junction, nous prenons la seule route qui monte vers le nord : l’Alaska Higway,  la 37.  Il nous reste un peu plus de cent kilomètre à faire sur cette route où le goudron est recouvert d’une épaisse couche de glace. La prudence incite à ralentir de manière à se rapprocher de la vitesse limite (90km/h !). Nous passons un col où les mushrooms (les champignons ) sont plus gros que ce que j’ai pu voir sur les montagnes de France ! Partagé entre joie et inquiétude, nous avançons lentement en se demandant si on arrivera jusqu’au bout. Finalement nous arrivons presque dans les temps dans ce nouveau spot, une fois de plus, loin de tout ! Vous ne trouverez pas Bell 2 sur toutes les cartes ! il s’agissait à la base d’une simple station service et d’une aire de repos sur la route entre le Canada et l’Alaska. Bell 2 simplement parce que cet endroit se situe juste avant le deuxième pont qui enjambe l’Irwing river.


Il y a une trentaine d’années, Georges, le directeur, était venu plusieurs fois faire de l’héliski en Colombie Britannique mais à chaque fois, il était repartit déçu. L’idée lui est alors venu de monter sa propre base et c’est chose faite depuis 1997. Il a transformé la simple station en lodge luxueux avec une dizaine de bungalow top classe derrière et deux a-star devant ! Il peut s’enorgueillir de posséder la base d’héliski qui dispose du plus grand domaine d’exploitation au monde  : plus de 9000 km², ce qui correspond à un domaine grand comme toutes les alpes suisse ! Chaque semaine, ce sont 30 petits chanceux repartis sur 2 hélicoptères en 3 groupes de 5 qui se régalent sur le « Skeena Range ». Je vous la refait ou c’est bon ? : cela équivaut à 30 skieurs sur toute la suisse ! (dans la peuf en plus !) Afin de ne pas se gêner, les teuf-teuf s’envolent dans des directions opposé mais le domaine est si vaste qu’il ne serait pas rentable que de vouloir l’exploiter intégralement depuis Bell 2. Transporter des groupes demanderait trop de temps et donc d’argent. Pour cette raison, Georges et Franz l’autre heureux propriétaire, tous deux suisses pour la petite histoire, viennent d’ouvrir cette hiver une deuxième base à Stewart, à 70 km à vol d’oiseau vers l’ouest, à 3 km de l’Alaska exactement. Le lodge de Stewart démarre son activité cette semaine. Mais c’est notre prochaine étape, pour l’heure, Leïla, l’une des guides de Bell 2 nous briefe sur le maniement de l’arva, petite explication et petite recherche. Demain matin, brief sécu-hélico et on sera au point pour démarrer avec les autres groupes à 9 heures.

Les deux premiers jours sont en demi teinte, on hallucine sur des panoramas hallucinants, normal ! Mais, le soleil joue avec les nuages, il n’y a pas de lumière, le jour blanc ne profite pas au appareil photo et autre caméra mais en plus, il nous oblige à lever le pied. Nous sommes « fogged up ! » (par opposotion à « fucked up », jeu de mot qui signifie d’habitude, on est niqué mais qui veut dire dans ce sens : niqué par le brouillard !) Pour couronner le tout, June, notre guide anglo-japonais, ne semble pas avoir totalement compris nos attentes en terme de terrain de jeu. D’autant que nous tournons avec d’autres groupes, ce qui nous impose de ne pas trop nous éloigner les uns des autres. June ne faiblit pas, au point que Jako, nous fais mourir de rire, en croisant les bras au moment d’une dépose, prétextant ne plus vouloir descendre !! Malgré ces autres faces qui nous attirent on garde le sourire car l’endroit est magnifique, la neige excellente et simplement, parce que nous sommes presque au Paradis.  Il ne doit y avoir guère plus de 30 centimètres mais le fond est si soft une fois encore, c’est le bonheur. Il y a plus de 450 runs répertoriés mais le nombre de pentes n’ayant encore jamais vu de skieurs est immense. (ouinnn je veux pas partir !!) On varie les plaisirs avec des runs en forêt qui préserve davantage la neige et des runs au dessus des arbres où les seuls qui poussent ressemblent à des bonhommes de neiges. C’est la carte postale parfaite qui représente l’abondance dont tout le monde rêve : le sapin plâtré, voûté sous le poids de cette masse blanche.


Le jacuzzi prolonge la douceur en fin de journée et la nourriture est exquise. Les soupes au crabe et les plats au saumon sont divins. Le train train quotidien des gens qui sont ici, est la pire routine que je connaisse. Celle que je souhaite à toutes et tous. Lever, petit déjeuner, 7 ou 8 déposes dans la journée, puis détente, dîner et coucher (ouinnn je veux vraiment pas partir).
Le tableau serait parfait si nous pouvions utiliser l’hélico à notre  » bon vouloir ». Georges va nous amener cette chance sur un plateau. Nous devions quitter Bell 2 après 2 jours pour nous rendre à 150 km de là à Stewart (70 km pour un oiseau, 150 pour une voiture !), sur la nouvelle base. C’est la première semaine là bas et les quelques clients sont rapatriés sur Bell 2 mais Georges tiens à nous montrer ce côté là du massif ainsi que « Ripley Creek » le lodge. Nous partirons donc en hélico à Stewart, et nous reviendrons le surlendemain en fin de journée. Ces trajets seront prétexte à s’arrêter, non pas devant une boulangerie mais au sommet de belles faces car demain, il n’y aura que nous trois, Franz, qui est également guide et Georges.
On se regarde rapidement, si le ciel est dégagé, la journée risque d’être énorme. Les boules de billard s’entrechoquent encore quelques instants, dans la nuit qui tombe.

STEWART

Ca y est, nous sommes au paradis. Un domaine de 150 km sur 90km. Des montagnes à perte de vue, des faces en nombre impressionnant. Cet endroit peut tenir la comparaison avec l’Alaska, les jours de soleil en plus. Oui aujourd’hui, pas un nuage, une journée magnifique se profile. Franz acquiesce à chacune de nos requêtes et bibi s’en paye une bonne tranche. Le bonheur, c’est simple comme un coup de teuf-teuf, n’en déplaise au randonneurs ! Le problème de ce genre de journée, en dehors du fait, qu’elles sont toujours trop courtes, c’est qu’elles rehaussent votre échelle de valeur. Autrement dit, quand on goûte à quelque chose de vraiment bon, on devient ensuite encore plus difficile. Et ça, ça pas forcément bon quand on revient à la maison ! Mais la maison est bien loin et on rattrape le « temps perdu » ! Enfin, je trouve un terrain à la mesure de mon expression. Comme un artiste qui trouve le bon support. Assez de dénivelé pour atteindre une vitesse correcte et pouvoir y reste de longs moments, comme un avion de chasse qui suit son cap. Ces quelques grandes courbes que je tire ont un goût particulier. Des instants que l’on attend depuis une vie. Tous les ingrédients sont réunis pour me dire que j’avais raison. Je suis skieur depuis longtemps, cette journée est ma récompense. Rarement, j’ai pu dire ça, mais ce jour là, je me suis répété plusieurs fois : c’est pour ça que je fais du ski, c’est pour ça que je suis fait. C’est mon chemin. Oui, limite spirituelle, cette révélation, « ce vers quoi je tends » comme on dit. Allelujah !
Georges me ramène sur terre en me rappelant, que les trois quart et pour ainsi dire la majorité des clients skient des pentes (beaucoup! ) moins raides et que lastfrontierheli propose un ski adapté au plus grand nombre pour peu que le ski en poudreuse ne pose pas de problème ! Je prends bonne note, une banane hilare en travers du visage après une petite pointe de vitesse à faire rougir une nonne ! J’en ferais bien rougir d’autres car, il faut toujours un temps de chauffe afin de connaître le nouveau terrain de jeu, la consistance de la neige… Je commence juste à être chaud ! Je ne veux décidément pas partir ! Mais cette journée tire déjà à sa fin, le fuel qui baisse indique qu’il est l’heure de partir pour Stewart.
Les glaciers nous hypnotisent tout le long du trajet restant, ce secteur là, propose des faces plus radicales que Bell II et je ne doute pas qu’un jour ou l’autre, on retrouve les productions ricaines dans ces montagnes. Pour l’instant, c’est la French touch qui débarque.
Cette ville presque fantôme est le fruit du gold rush du début du siècle (1910). En 1950, il y avait 2500 âmes contre seulement 500 maintenant. Depuis l’épuisement des gisements, la population ne cesse de décroître. Plus rien ne retient les jeunes qui désertent. Si on ne pêche pas ou si on ne travaille pas dans l’industrie du bois, il n’y a vraiment rien à faire. Pourtant, tout le monde connaît cet endroit magnifique. Vous aussi…certainement. Plusieurs films hollywoodiens ont été tournés ici : citons Insomnia récemment, le célèbre « the thing » ou encore « bear island ». Les productions sont venues chercher des décors spectaculaires et elles ont étés servies !
Tout comme nous ! Le lodge est charmant, à l’image de Stewart avec une atmosphère chaleureuse empreinte du temps passé et des chercheurs d’or. On se plait dans cet endroit. De la neige en pagaille,  des fjords et quelques vieilles bâtisses en bois qui ont survécut à un terrible incendie il y a quelques années.
Nous sommes au niveau de la mer, bien que l’océan ouvert se situe encore à 70 km vers l’ouest. La météo est plus capricieuse (1.50 mètre de neige, il y a 2 semaines en trois jours !) mais les runs plus longs. Huit ans après le démarrage de Bell II, nous arrivons pile poil pour la naissance de la deuxième base et c’est tant mieux. Notre dernière journée sera moins « extrême » mais aussi fraîche. Georges nomme trois runs car personne n’avait jamais skié les pentes que nous dévalons, la bave aux lèvres. Ce n’est pas du ski de pente raide mais ce sont des premières quand même. Douce saveure… Il reste tout à faire ou plutôt tout à déchirer ici, encore plus qu’à Bell II.

SHAMES

Les bonnes choses ont une fin, il parait. Je dirais plus exactement : « les bonnes choses me donnent faim . » Il est temps de quitter la base alors je prie qu’il ne s’agisse que d’un au revoir…
Nous repartons vers le sud, puis vers l’ouest, contournant la pointe de l’Alaska qui s’immisce sur la Colombie Britannique pour nous rendre à Shames, à quelques 300 kms. En chemin nous traversons Kitwanga, une réserve indienne. Il faut peu de temps pour trouver les totems du village. Vieux d’une centaine d’années, ils n’ont pas étés déplacé depuis leur construction. Certains racontent une histoire, d’autres sont des « prières » pour une bonne pêche ou une bonne chasse. Chaque animal possède sa signification et chaque totem est la propriété d’une famille. Les indiens semblent vivre paisiblement ici, mais au milieu de nul part, avec une offre d’emploi quasi nulle, on se dit que joindre les deux bouts, pour cette minorité, ne doit pas être chose évidente.

Nous tournons le dos au nord, en oubliant bien vite (trop ?) qu’il y a plus malheureux que nous sur terre, pour en revenir à unepréoccupation qui pourrait sembler futile à d’autres mais qui pour nous est vitale… « Y aura t il de la neige à notre prochaine étape ?! » A Powder king, nous avions entendu dire que la station était fermée ! Fort heureusement, c’est faux. La neige est là mais les conditions ne sont pas les meilleures qui soit pour autant. Ici aussi, la station ferme le lundi et le mardi ! Nous sommes mardi… mais ce n’est pas grave. Le manager de la station fait tourner le télésiège puis le téléski afin de n’avoir plus q’une petite heure de montée pour atteindre le « Dome » d’où démarrent de nombreux itinéraires. Il y a plus de possibilité qu’à Smithers, c’est indéniable. Devant nous s’étale le « north bowl », un cirque d’où part une multitude de runs qui fait le bonheur des locaux. Au de là, 2 autres combes. Puis de l’autre côté, on devine des pentes plus raides. En fait, il y a des possibilités dans tous les sens et assez peu de monde pour les exploiter. La chose à garder en tête est de ne pas oublier ces peaux car certaines pentes ne mènent nul part, et il faut remonter plus ou moins par le même chemin que la descente.

Troy et Kevin nous amènent dans un coin nommé Zymacord. L’exposition est correct, la neige y est encore fraîche. Ici l’influence de l’Océan se fait sentir et les conditions ne sont pas toujours 5 étoiles ! Les grosses dépressions ne sont pas toujours synonymes de bons moments et il s’agit de savoir décoder les cartes météo afin de ne pas venir pour rien. Mais globalement, personne ne se plaint. Avec un cumul supérieur à 5 mètres, il n’y a pas de quoi être malheureux ! A l’image de l’année de l’ouverture, en 1990 ou le rattrack n’a pas pu travailler pendant quelques jours car enterré sous la neige !
Pour l’heure, nous longeons une corniche, chacun choisit sa ligne. La pente est soutenue, les courbes de super G me taquinent mais je n’ai pas envie de mettre une autre heure pour remonter… Après quatre jours d’hélico, ça fait bizarre de redescendre sur terre ! Alors pépère façon ski extrême, je m’enquille quelques virages pour ce run que j’ai voulu court puis pour un deuxième avant, baisse de motivation aidant (ça arrive !), de ranger les ski direction la ville pour goutter à la bière locale et aux fameux steack du coin ! Sous d’autres conditions, Shames aurait mérité davantage d’attention, c’est un pur spot « freeride » : de nombreux runs qui ne nécessitent pas trop de transpiration, avec peu de monde et une ambiance bonne enfant ou les gens s’attendent plutôt que de tracer en solo.
Bientôt, de nouvelles bouteilles et d’autres boules de billards s’entrechoquent. Mort de rires les canadiens nous mettent la raclée. En jouant, nous leur apprenons que nous arrivons à la fin du trip et que notre ultime étape est Prince Rupert, au bord de l’océan. Troy est de là bas. Ils sont nombreux, comme lui a ne pas être effrayé de faire 150 km le matin et autant le soir pour passer une journée de ride à Shames. La plupart des riders viennent de PR (pour les intimes !) justement. Cette motivation reflète l’état d’esprit de tous les gens rencontré ici. Ils aiment la neige et ils régissent leur vie en fonction du ride.

PRINCE RUPERT

Afin de rester « entre nous  » Troy nous indique, le spot à Prince Rupert, le repère des skieurs du coin ! Le « Cowpuccino », un petit bar à cookies tenu Par Judson Rowse, skieur devant l’éternel qui a eu droit à ces quelques parues dans le célèbre Powder mag. Ces parents, âgés de 80 ans skient encore et ont grand plaisir à accueillir du rider afin de partager des histoires qui gomment les différences d’âges.


Nous retrouvons Jud qui nous « adopte  » rapidement et qui n’hésite pas à lâcher son travail pour nous montrer la beauté de sa petite ville et de ces environs. Prince Rupert est l’une des villes les plus pluvieuse de la Colombie britannique mais si vous tomber sur un jours de beaux temps, vous ne le regretterez pas. Après un passage du côté de la décharge (!!) qui remplace le zoo où les aigles à tête blanche et autres oiseaux d’envergure se régalent, Jud nous amène à Ridley beach, une plage carte postale avec les sapins au bord de l’océan. Toujours à en vouloir plus, nous lui faisons part de notre envie d’assister à un coucher de soleil. Ca risque d’être chaud mais ça devrait le faire. Retour à la ville, on prend son pick up, sa femme et lui monte devant, et derrière avec deux gros chiens, nath, la jolie serveuse, Jako le gros photographe, François le maigre cadreur et votre beau serviteur (bon ok j’arrête !) rien que ça ! 20 minutes de rallye en montée à se faire secouer en essayant de ne pas renverser sa bière (ici, elle fait partie du paysage !!) Partie de rire puis course effréné à travers les bois pour arriver à temps. YES. Les Iles de la Reine Charlotte sont pile en face de nous. Le ciel est clair, et le soleil est encore là. C’est tout simplement magique. On remercie Jud pour cet après midi qui boucle en beauté notre trip. Nous trinquons face à un couchant somptueux sur le pacifique. En bas, sur Digby Island, nous apercevons le village des hippies, Dodge cove. Eux aussi, ne s’y sont pas trompé en choisissant leur coin pour vivre…

Il faudrait encore du temps pour visiter ces lieux, connaître les gens qui nous tendent leur bras et vivre ce qu’ils vivent, à l’instar des randos dont nous parle Jud.  Skier toute la journée puis arriver au bord de la rivière remplie de saumon (la plus grosse prise vient de la Skeena river : 40 kilos !!), troquer ses skis contre un kayak, descendre le cours d’eau, pêcher un peu en compagnie des ours qui sortent de leur long sommeil puis au coin du feu faire une petite party qui s’étirera toute la nuit…
Le ski nous fait rencontrer de nombreuses personnes toutes aussi attachantes que passionnées. C’est le point commun de tous les gens qui ont croisés notre route durant ce trip. Tous aiment le ski et vouent leur existence à ces deux bouts de planches qui glissent sur la neige. Ils construisent leur vie autour de l’or blanc et de la montagne. Une bonne journée de ride, « a fresh one » (une bière bien fraîche en français) et ils sont heureux. Ils ne changerait rien pour tout l’or du monde, aussi jaune et brillant soit-il, perdu quelque part dans ce vaste pays avec une poignée d’amis pour partager cette vie simple. Ils sont heureux et savourent chaque instants. Ils ont compris. Je ne sais pas si c’était un rêve d’enfant car eux sont nés ici, mais ils connaissent leur chance, ils tiennent le cap et croquent  à pleine dents le bonheur, loin des regards.
Je me souviendrais toujours des derniers mots de Scott, à Powderking, quand celui ci me ramenait en scooter vers la voiture, quelques instants avant de nous séparer. Nous parlions des bons moments que nous avions eu, que c’était trop court, que c’était comme ça puis il prononça cette simple phrase, qui résume tout : « life is good ». Pour sur, la vie est belle.

Guide pratique

Un peu de culture :
La loi sur les langues, adoptée en 1969 a donné au Français un statut égal à celui de l’anglais. Le Canada, nous fait l’honneur d’utiliser notre langue : c’est un pays bilingue de façon officielle. Ce n’est donc pas un hasard si, au pays du sirop d’érable, on parle la langue de Molière.
Le pays est immense, 6 fuseaux horaires. Le point le plus au nord se trouve à seulement 805 kilomètres du pole nord tandis que son point le plus au sud ( Le lac Erigné ) se trouve sur la même latitude que Rome.
Vancouver possède la plus grosse communauté asiatique du Canada.

Se déplacer :
Vol intérieur : www.aircanada.com
Il y a comme partout de multiples agences de locations de voitures dans les aéroports mais c’est moins cher si on le fait avant depuis la France.
> Vancouver – Prince George = 760 km
>Prince George – Smithers = 370 km
>Prince George – Shames = 590 km, shames – Prince rupert = 160 km
>Prince George – Bell II = 730 km Ak highway(possibilité de vol intérieur, arrivée aéroport Bob Quinn Lake, proche de la base )

skier :

http://skismithers.com
http://shamesmountain.com ainsi que : http://www.mrbs.ca/bcpgs/home.html pour voir le terrain de jeu… (pas mal, non ?!)

héliskier  :
Voici sans doute la meilleure adresse car LFH propose le plus grand territoire (situé au nord, donc pas de souci de neige en plus !!) et des groupes réduit comparé aux autres bases de la Colombie britannique où il n’est pas rare de skier en groupe de 11, où l’on vous explique que la neige d’à côté est la même qu’ici « alors si tu pouvais faire tes huits vraiment proche de ton camarade, ce serait vraiment bien pour les autres qui suivent… »

Chez Last frontier heliskiing, 3 groupe de 5 pas plus, l’adresse qui va bien (même en cas de mauvais temps, la salvatrice forêt est présente avec de bien jolis mushrooms, et on vole quasiment en toutes conditions !!):

http://www.lastfrontierheli.com
Last Frontier Heliskiing Ltd., P.O. Box 1118, Vernon, BC, V1T 6N4, Canada.
e-mail: info@lastfrontierheli.com
Tel: 001 250 558-7980
fax: 001 250 558-7981

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