Eaglepass heliskiing

Trip Canada                                                                                                            Retour à « reportages »

Photos : Christopher Sjostrom / Xavier LEONTI
rider et texte : Xavier LEONTI

 

« Allo Doc… »
«  bonjour Xavier, qu’y a t’il ? »
«  ouais bon écoute, j’ai fini les somnifères et la boite de prosac est presque vide… »
« bien, bien. Tu vas mieux alors ? »
« ben…non. »
« Ah ! Euh et la neige, elle est tombée ? »
«  ben le truc c’est qu’elle est toujours pas là ! il me faut quelque chose de plus fort, je tiens plus !»
«  Olalala Xavier, là je vois pas, on a tout essayé ! Tu devrais te trouver un sponsor médicaments, il t’aiderait peut-être ! ahahah (rire bien lourd à 1 euros 50 !) »
«  Ok doc, super merci !! bon j’ai des trucs à faire alors à plus ! »

La neige n’est toujours pas tombée, les traits se tendent, l’estomac est noué depuis longtemps. La dépression guette. Je n’allais pas me lancer dans une stupide traque aux sponsors pharmaceutique mais le doc m’avait donné une idée. J’allais simplement appeler un partenaire déjà existant afin de demander une extraction immédiate sous des latitudes où l’hiver n’aurait pas rater son rendez vous annuel.
Re coup de fil, à Eider cette fois, pour évoquer un éventuel voyage qui permettrait aux riders de la marque d’évitement l’enferment en chambre capitonnée.

Sensible au bien être de ses poulains, la marque met sur pied un trip en Colombie britannique dans « Ze spot qui est gavé » . En un tour de main et deux tours de manivelles ( bon en vérité, il y eu trois tours de manivelles ! ), je me retrouve au dessus de l’océan. Aurélien Fornier et Xav delerue, devant me retrouver là-bas, tous trois, bien heureux de quitter une Europe sans visage pour aller se plonger dans le doux froid de l’hiver canadien.

Arrivé lonnnngtemps après être parti, nous posons le pied avec Ju le cadreur, sur le petit aéroport de Kelowna, deuxième plus grande ville de la Colombie Britannique après Vancouver. Deux longues heures a dormir comme des clodos dans l’aéroport, juste le temps pour Aurel, Xav et Christo de nous rejoindre, et de Norman un des patrons de Eagle pass héliskiing de ramasser le fine équipe pour deux autres heures de route afin d’atteindre la base….enfin. Il y a des fois ou le traitement se mérite !

WELCOME

On a beau être français, on ne vas pas commencer à se plaindre car nous savons la chance que nous avons d’être ici. Le compteur enchaîne les kilomètres. Nous sommes dans les Monashees, un massif connu sur le versant ouest des Rockies. Le cumul moyen annuel du spot se situe dans les 800 inches ce qui correspond grossièrement à 20 mètres de neige. Je m’excuse pour le choc mais oui, c’est comme ça !

Content au moment du départ de France, nous le sommes un peu moins arrivé au lodge Canadien, enfin disons plutôt perplexes, interrogatifs. La neige est présente, les murs blanc qui serpentent autour des bungalows sont là pour en témoigner, mais à l’instar de ce que nous disent nos ôtes, le paysage montre bien que les dernière chutes remontent à plusieurs jours déjà. Autant dire que nous ne sommes pas dans la moyenne citée plus haut ! On garde néanmoins la foi car il neigeote et on nous dit que ça devrait le faire… Alors on se couche dans un vrai lit et on éteint la machine à cogiter !

AMEN

Le jour se lève et l’hélico s’élève avec nous dedans… et des doutes dedans nous ! Il neigeote toujours, quelques centimètres ont redonnés un blanc éclatant au manteau qui commençait à brunir aux entournures mais ça reste modeste. Andy nous rassure en nous disant que le record de chute de neige de près de 25 mètres a été établi non loin d’ici, en 1991 sur le Mont Copeland, et une pierre de plus à l’édifice du «  putain je suis pas né au bon endroit ». Edifice qui va en grandissant car après un rapide survol du spot, on se pose sur une crête, en forêt car il fait franchement mauvais, et on descend de la machine pour s’enfoncer jusqu’à mi cuisse. A y est, le sourire est là, on respire ! Enfin, nous sommes en hiver avec de la vraie neige.

Les guides sont vraiment cool et pendant que Andy coupe un arbre qui gène ( si, si nous aussi on hallucine !) on contemple le temple. Le terrain de jeu se compose d’un domaine d‘altitude ( 3000 m au plus haut ) inaccessible pour l’instant et de forêt, salvatrice en cas de mauvais temps mais surtout bien raide, comme on l’aime. Les arbres sont plâtrés bien grassement comme tout arbre qui se respecte en Colombie britannique, et la pente est soutenue. Il est parfois nécessaire de calculer ses virages car la neige coule et les flûtes impose leur loi. En rajoutant, des barres ça et là, on réfléchi un minimum avant de se lancer ! Mais une fois parti, on oublie tout, à l’exception de feu la chaleur européenne et de notre longue privation qui donne à ces runs un goût encore plus jouissif.

On enchaîne, juste le temps pour les preneurs d’image de pleurer sur le matos qui subit un test très dur contre l’humidité car il neige vraiment dru maintenant. Nous avons carte blanche, et on peut se mettre quelque flys où bon nous semble, et Dieu qu’ils nous semblent bon car, nous avons beau être en Février, ce sont les premiers de la saison. Pas trop tôt !

On a l’habitude des « tree well », les trous d’arbres qui tuent chaque année plusieurs skieurs au Canada. Autour des arbres, ce sont
de vrais gouffre qui se forment durant les chutes de neige et tomber dedans tête la première comme la logique le veut en passant trop près n’est pas une partie de plaisir. Dans certain cas, comme je le disais, la chute est synonyme de partie terminée… Alors nous faisons attention ! Mais un autre danger guette, dont nos ôtes nous avaient mis au courant : les trous… tout court ! Dans le sol, par endroit, parfois à cause d’un pierrier, parfois à cause d’un cours d’eau, le cumul ( 4 mètres en ce moment) crée de véritables puits. Le hic, c’est que blanc sur blanc, surtout quand il y a jour blanc… et ben on les voit pas ! Nous sommes tous passé au bord de la correctionnel mais ça va, la vitesse de cruising super sonique nous a sauvé une fois encore. Heureusement car croyez moi, les bestioles font peur à voir et l’imagination fait le reste. On garde ça dans un coin de notre tête et on poursuit allégrement notre quête du bonheur pour cette première journée hivernale !

F….

Les jours s’enchaînent, avec malheureusement des températures qui yo-yotent ( du verber yo-yoter ) entre chaud et froid. La neige prend sa claque et on se retrouve avec un terrain de malade mais avec de la peuf bien lourde et un ciel bien bouché. Un unique run pour ce troisième jour et retour à la case départ. Un peu déçu, la chaleur du classique jacuzzi et de l’hospitalité canadienne préserve notre sourire. On fait mumuse autour du bain à bulle, certain patauge et d’autre « fly over » ! Chacun son truc, l’heure du taf pour certains, de la détente pour les autres !

La semaine de thérapie avance mais les nuages stagnent. On ne prend pas le risque de griller du « héli time » devant des conditions pas top et on patiente patiemment ! Grand bien nous fait car le soleil fait le forcing et arrive à prendre le dessous dans un corps à corps endiablé avec les nuages.  Enfin, nous survolons le domaine des grandes pentes ou les rêves les plus fous peuvent se voir réaliser. Bon, autant le dire de suite, on ne réalisera pas les plus fous car les conditions ne sont pas si bonnes que ça, il y a de la neige certes mais les expositions qui mériteraient que l’on s’attarde sont celles que les rayons du soleil dans sa lutte victorieuse à épargné…Et dans la mesure ou nous sommes là pour faire des images (aussi !), le compromis est difficile. On trouve néanmoins, au prix de coûteuse minutes de vols, des pentes qui méritent et on trashe comme il se doit ce cadeaux de la nature ! On en profite car le soleil semble perde le 4ème round et si on sait ce que nous ferons demain, on ne sait pas trop ce que Mère Nature nous concocte !

VROUMMMM

Nous voici demain, enfin aujourd’hui, cela dépend d’où on se place. En tout cas, une chose est sure, nous sommes jeudi et jeudi en
BC, c’est scooter ! Autant dire que l’on attendait tous ça avec impatience ! Mark, l’homme à tout faire de la base et sledder invétéré nous attends sur un parking, au pied d’un massif proche de Revel Stoke. C’était prévu, le temps est retourné à la neige, pas de souci, car on approche les 40 cm de fraiche alors on a tous le sourire… ça devient une habitude ! Surtout que nous attendent, juste là, une machine chacun, prête à nous emmener au sommet quelques 14 kilomètres plus haut ! Cette montagne est réservé aux Sled ( ski doo, scoot, comme vous voulez !) donc attendez vous à croisez sur la piste des mecs qui bombardent dans l’autre sens, en général doté d’un abdomen proéminent, d’une moustache pourvue et d’un sac remplie de bière ! Mais bon, le beauf est cool et malgré le nombre de machines qui démarrent ce matin, nous ne croiserons pas temps de monde que ça alors tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.


Ceux d’entre nous qui n’ont jamais mis les pieds la dessus, font connaissance avec la bestiole, gentiment, les autres font déjà fumer la machine comme des enfants. La neige est soft mais ça secoue quand même, les avant bras qui tétanisent nous rappelle que c’est un autre sport mais dieu que c’est bon, désolé les écolos mais je pense parler au noms de tous…on assume !! On cruise donc le long des pistes à la recherche de pentes à lacérer, quand c’est chose faite, on nous monte puis on nous récupère plus bas et on repart comme en 40 ! La journée file assez vite, avec une neige bien fraîche qui change des jours précédent mais qui s’avère bien dangereuse et qui condamnera le dernier jour de vols pour trop grande instabilité… On se gave dans tous les sens du terme et point d’orgue que tout le monde attend sans l’avouer, le retour avec 14 km de descente à se mettre pour finir en beauté !
L’heure du tirage de bourre a sonnée. Le silence de la nature est quelque peu troublé par ces chevaux du nouveau millénaire et leur cavaliers dont l’âge mental, à cet instant précis, n’est pas plus élevé que le guidon des joujoux ! C’est puissant et c’est bon, tout le monde a maintenant pris confiance mais heureusement qu’il n’y avait que 14 kilomètres sans quoi, certain auraient pu se faire..comment dire ? heu mal, oui, mal c’est le terme exact ! Ca fume et ça re fume dans tous les sens, certain s’essayent au freeride et tout le monde prends son pied. Xav ( delerue ) nommé bourrin en chef pête les skis à Aurel, qui n’avait rien demandé mais qui nous fait mourir de rire, bref une belle partie de rigolade à l’image du trip qui tire déjà à sa fin.

Il faut boucler les sacs et tourner le dos à ce petit coin de paradis que la météo aura plus préservé que nos chères Alpes ! Quoi qu’il advienne maintenant, nous aurons eu nos quelques jours d’hiver de peuf, je vais pouvoir lâcher les anti-dépresseurs, arrêter d’harceler mon docteur et plutôt dire un grand merci à Eider pour la thérapie !
D’autant que la planète est vaste et qu’il doit bien y avoir d’autres flocons qui nous attendent ailleurs. Aussi, on se dit « bye bye » à l’aéroport car chacun part dans une direction différente: Christo file vers le Japon, Xav s’envole en Russie, Aurel qui était aux US avant, rentre chez lui et votre serviteur descend à son tour vers les US.
Tous avec une seule et même idée en tête, s’amuser et célébrer l’hiver comme il se doit, à l’image de ce que font tous les jours Andy, Norman et Dave, le petit crew bien heureux d’Eagle Pass Heliskiing…

« Eagle pass heliskiing » côté pratique:

3 guides pour un hélico : 3 groupes de 4 et 1000 km² de terrain exclusif
Altitude du lodge : 460 mètres,
Altitude des sommets : 3000 mètres

Distance de :
revel stoke : 27 km
kelowna :170 km
vancouver : 530 km
calgary : 470 km

Le lodge est très facile d’accès, il se situe au bord de la Transcanada highway. Wayne et Heather y propose un bed and breakfast chaleureux, qui fonctionne avec Eagle Pass.

Retrouvez toutes les informations et tarifs sur le site :
www.eaglepassheliskiing.com
info@eaglepassheliskiing.com
revelstoke, BC Canada
tel : + 1.250.837.3734

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