Fun forever : la glisse dans les années 80 …

Rétro-perspective ( articles paru dans Désillusion magazine)
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Dans la série tu lis désillusion et tu t’endors moins con,
 Xavier « el Professor » Léonti présente :

Fun forever

« Un peu d’histoire pour toi, sale gamin et toi aussi gamine, crois pas que je t’oublie ! Z’avez intérêt à bien siphonner vos cages à miel et pas louper une miette sinon, 100 fois vous recopierez : je suis aussi con que le prof mais en plus je suis inculte, je sers à rien !»

« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître», lallala lala… (ß ça veut dire que c’est une chanson, triple buse d’ignare, demande à Charles si vous savez pas de quoi on parle !).

Je vous parle des années 80 et plus si affinité, si on devait mettre une date. Et pour le temps, je me souviens qu’il faisait beau si on devait donner la météo. Pourquoi les années 80 ? Parce qu’elle symbolise la période fluo pardi et aussi parce que « femmes des …»  ( demandez à Sardou, si vous savez toujours pas !)

Je vous parle, eh pis merde, je te parle à toi, oui on va pas se vouvoyez, ça me gonfle, cher lecteur de te donner du vous. Après tout on est une grande famille, non ?! Enfin, note : j’ai la fibre commerciale et j’aime à te faire plaisir car en fait, toi et moi, y a aucune chance ! Mais  bon, j’arrête là mes dérives sinon je vais me trouver trop loin du bord ( du bureau ) devenu invisible derrière un voile de connerie épaisse pour me retrouver assigné à la machine à café par la direction qui a autant de pitié que Gargamel devant la schtroumphette ! ( On sait que c’est pour la manger mais on ne sait pas par où il aimerait commencer …)

 

Alors laisse moi te conter cette belle période. Ce fut fun, et comme disent les vieux cons, c’était mieux avant. Note, je suis d’accord avec eux et j’assume, juste j’aime mieux que tu me traite de jeune con plutôt que de vieux con, histoire d’amour propre et de vieillesse relative, merci. Pis de toute façon : y avait plus de neige et moins de monde à l’eau… ça devrait te convaincre un minimum, espère d’insolent. Et surtout, moi j’avais plus de femmes dans mon lit, et ça, ça compte double !

 

Bref, les 80ies dont je vais te parler dans ma dissertation, que je suis sur, ma prof de français de la même date, elle serait super fière de moi, les 80ies disait je donc, ont étées une charnière importante de l’histoire des sports…fun. Eh oui gamin, tu lis dési. alors sans doute pratiques-tu un sport qui, dans un temps que tu ne connais pas, fut fun. Juste après c’était chébran et maintenant c’est top tendance, de la bombe quoi. Bref, je te félicite pour ton choix judicieux.

 

Mais laisse moi te montrer maintenant à quel point, il aurait pas fallu sauter de 1980 à 1990. Je te le dis d’avance, même si ça me faisait rater 75, peut être 76 conquêtes féminines, je me souviens plus trop, ce n’est pas de ça dont il s’agit, il y a plus important. Oui, oh combien plus important.

 

Californie, 1979, le skate est là depuis quelques années déjà. La faute à pas de surf et une terrible envie de glisser . Grand bien pris à ces blondinets de coller des roues sur une planches en bois. Du côté de Santa Monica, à Los Angeles, dans le quartier sud plus connu sous le nom de Dogtown, quand c’est jour de flat, on se la donne à travers des tubes psychédéliques et du pool riding qui commence à faire saliver. Pour l’instant, on slide, on roule, on sort quelques roues en vert. Limite on décolle en grabbant le nose et le tail sur du flat pour sauter par dessus ces petit copains, bourrés de préférence. Oui, ça fait moins peur et moins mal si on est le dernier de la colonne !

 

Comme toute histoire qui s’écrit, la croissance est rapide. A force d’acharnement, Alan “Ollie” Gefland paye le premier ollie de l’histoire de la planche à roulette. Bon c’est pas le double back de Pastrana mais calme ta joie sinon tu vas en prendre une, ok ?! (surtout qu’il a pas de moteur, lui !) Au même moment, la Bones brigade voit le jour. L’association de Stacy Peralta qui avait quitté un an plutôt son premier amour (Dogtown) et de George Powell ( le gars fit sa première planche en 1957 !) monte en puissance. Leur team de skate va faire connaître la marque au squelette, si ce n’est au monde entier, au moins au monde du skateboard. Désormais, il y aura d’un côté les trashers, tatoué, crados et l’autre, les riders propre sur eux, flashy, juste comme il faut, de la BB.

 

Dans le même temps, le snowboard jaloux, cravache pour se faire une place. En 1980, Burton et Winterstick commence à utiliser les procédés de fabrication des skis avec le P-tex sur leur prototype. En 1982, le team Winterstick justement, vient en visite dans la station savoyarde des Arcs. Malgré les footstraps et l’absence de carres, ça donne envie à un mec, le futur génie de la glisse. Le mec s’appelle Régis Rolland. C’est ainsi que, 2 ans plus tard, on voit débarquer dans la pénombre des salles obscures, le premier opus de la trilogie « Apocalypse snow ». Du freeride, avec un des premiers snowboarder français, du monoski, qui est bien fun et bigarré à l’époque et aussi du ski avec des cascades qui n’ont rien à envier à celle d’aujourd’hui.

Paye ton déclic : l’envie de faire des films, de rider de la peuf et de faire du snowboard. Combien de futurs boarders s’y sont mis grâce à ces films. Enfin une constante est bien présente, c’est le fun, l’éclate. Qu’importe le flocon pourvu qu’on ait l’ivresse ! Une ivresse telle qu’elle touche de plus en plus de monde. Notre culture s’ouvre, ou plutôt, le grand public s’ouvre à notre culture. Même Bond, James Bond se met au snowboard devant des milliers de spectateurs, si, si parole ! Bon les mecs essayent de le fumer à coup de kalachnikov et c’est pas vraiment un snowboard mais il ride le garçon.

 

Mais, malgré ces incursions aux yeux de tous, ça va doucement quand même : aux Usa, la planche à neige est interdite dans nombre de stations.

Niveau skate, ça bouge beaucoup plus. Pendant que le snowboard apprenais à marcher à quatre pattes, un petit mec au cou tordu, du côté de chez l’oncle Sam, Cabalerro, Steve de son prénom, écrit une nouvelle page d’histoire à roulette. Il laisse sa trace indélébile en posant le ollie 360 qui devient le Caballerial. Dans le même temps, un autre petit gars avec les cheveux longs rejoints la Brigade, il s’appelle Tony…

Nous sommes maintenant en 1984, un pote au tordu et au chevelu, Mike Mc Gill, rentre une figure à qui il donnera aussi son nom : le Mc twist. Tu vois gamin, si tu voulais inventer une figure, il fallait le faire dans les années 80 ! C’était « easy », bon tu peux toujours le faire maintenant mais disons que ça va être un peu plus bouillant !

 

Laisse moi t’expliquer encore, Satan Kaupas, pardon Natas Kaupas s’éclate à Los Angeles du côté de Venice. Il passe pro en 1985. Le gars ne fait pas les choses à moitié : pour fêter ça, il rentre le wall ride et paye par la même la couv de Trasher avec ce nouveau trick. Pour mettre tout le monde d’accord, comme si c’était pas déjà fait, il apprend à faire des ollies. Sur du flat, c’est le premier à passer une poubelle, laisse moi te dire que je te parle pas de la corbeille à tampax que t’as dans la salle de bains, mais des bonnes vieilles trash us : ça fait quelques planches empilées ! Les boardslide, c’est lui aussi, les handrails, c’est lui encore. Je m’arrête là. Mate plutôt « Street on fire » de SMA, tu comprendra mieux de quoi je parle. Autant dire, qu’il n’est pas passé pro pour rien, le monsieur.

Gentiment mais sûrement le skate va changer de forme et Vision va pété sa deck « double tail » qui va ouvrir les voies que nous connaissons actuellement. Fini les noses plats, c’est tes tibias qui vont être content.

 

On arrive à la moitié de la décennie, si je compte pas trop mal. Et il neige encore tous les hivers, je te disais gamin, c’était mieux avant. Le Snow, grâce aux contests prend son envol. En 1985 Trasher encore couvre les Championnat du monde à Soda springs et donne ainsi une des première expositions médiatique à un contest de snow. Plus tard dans l’année, après un changement de nom, le premier mag de Snow est dans la place : International Snowboard Mag. La machine est en marche. L’Europe aussi, commence à se bouger sur les montagnes. En Suisse, à St Moritz ont lieu les premiers championnats de snow…Suisse forcément ( 1986)!

 

Les années s’écoulent gentiment, la pow pow est encore bien vierge de part et d’autre des continents. En 1988, Ocean Pacific développe sa propre gamme de fringues snow, posant the trait d’union cross over entre le surf et le snow. Les autres suivent et ça va faire mal. On connaît la suite.

 

Un autre gars qui fait mal, dans l’eau justement, continue à remuer le milieu du sport des Dieux. Il s’appelle Christian Fletcher, l’écorché vif du surf. Un temps d’avance sur sa communauté. Il skate avec Jay Adams de Dog town en autre, il surfe en avance sur son temps, normal avec un temps d’avance ! Ce qui lui vaut les brimades que reçoivent toute personne qui va trop vite. Il n’est pas le premier à avoir sorti un aérial au dessus des vagues mais il a fortement contribué à son développement durant les années passées. Consécration malgré les rateaux en contest, il paye sa couverture du magazine Surfer avec un air et un titre qui en dit long : « anti standard issue ». Le surfer fait encore des vagues dans le milieu, tant mieux j’ai envie de dire, sinon on serait tous comme des cons sur la plage ! Il prêche sa bonne parole au travers des vidéos et une fois encore, tu sais comment ça se termine alors retournons un peu sur notre bon vieux continent car, y en a marre de faire l’apogée des ricains, sans déc !

 

Bon, chez nous, tu t’en doutes, avec le décalage horaire, ça avance moins vite. De mon côté, je me demande toujours si Charlie se tape toute les drôles de dames ou pas ?  Yves Bessas, a lui aussi, un petit vélo qui lui trotte dans la tête. En fait de vélo, c’est plutôt les images d’un film qui ne le lâche pas. Le film, c’est « freeride », réalisé par Bill Delaney en 1977 ( eh oui gamin, ça te calme hein ?). Ca parle de ce qui glisse, de ce qui roule, c’est vieux, mais c‘est bon. On est en 2007 et on en est toujours là mais dans les 80ies, c’est pas encore ça au pays du fromage qui pue et le monsieur, car tu lui donne du monsieur s’il te plait, se demande comment faire pour amener ça chez les frenchies. C’est ainsi que les nuits de la glisse voient le jour. Je te parle pas de ce que tu a vu l’an passé et qui a plus rien à voir, mais des Nuits de la Glisse faite par l’équipe d’Uhaina. En fait, ça fait 10 ans déjà qu’il tourne déjà. C’est d’ailleurs de Monsieur Bessas que vient le terme « sport de glisse » (82). Il nous fait rêver pour la grande messe annuelle grâce aux films d’Uhaïna. C’est du ride sans concession, avec un pur esprit. C’est nouveau, ça tue, c’est bon et ça donne envie. Nombres de passionnés, se reconnaissent dans le mouvement encore confidentiel mais grandissant. Le skate à sa place (pas comme maintenant !), avec un satan Kaupas démoniaque entre autres, un Robby tout rose, du monoski en combi fluo « one piece », du Tom Carrol en Indo et jean passe… Les gens ressortent des projection gonflé à bloc pour aller rider, neige, eau ou bitume mais pas pour une journée pour la vie ! C’est l’heure de mettre du zink, cette crème solaire coloré qui faisait passé ceux qui en mettait pour des blaireaux ( sorry les gars, j’ai jamais pu !). Sans doute les mêmes, pauvres bougres, qui s’assoyaient au premiers rangs des projections, et qui ramassait des projectiles en tout genre, surtout genre capotes pleines de flotte ou rouleaux de papier chiotte ( pour s’essuyer après ! note comme on était cons mais sympa quand même !). C’était nimp mais ça montre l’énergie qui émanait de tout ça. La grande messe annuelle je te dis, cher frère, chère soeur ! AMEN ! En 1989, Magnum roule en Ferrari pendant que Inxs crache des watts pour les Nuits de la Glisse. Les monoskieurs sont flashy et zinkés à mort sur les pentes des Grand Montets, le snowboard et là, tout comme le ski bien sûr. Toute la salle bande comme un taureau en braillant comme un veau. Tu sais que pendant deux jours, tu pourra plus parler mais c’est pas grave, ça vient du cœur alors on s’en fout.

 

Aux Usa, les dernières barrières tombent, Snowbird, Squaw, Mammoth, Vail et d’autres stations lèvent l’interdiction contre le snowboard. Comble du comble, c’est bientôt les bipèdes qui seront interdit de parks mais c’est une autre histoire.

 

Chez moi, je mate un énième « homme qui tombe à pic » en espérant voir Jody en maillot de bain puis je me mets une petite cassette dans le scope. Oui, oui gamin, le dvd et les cds, c’est pour plus tard. J’appuie sur le bouton et Public Domain de la marque au squelette, démarre. Un certain Danny way fait sa venue dans le monde de la rampe. Frankie hill me met une gifle en street, j’apprend à voler à la cassette, je chope ma planche, je passe la porte et je rentre dans les années 90.

 

Epilogue :

Les 80ies, c’était bien. Bon certes, c’est peut-être parce que j’étais plus jeune et que je regrette ce temps que tu ne peux pas connaître. Hmm, mais  nan je crois pas, enfin si un peu, mais à chaque époque son lot de bonheur alors on se plaint pas. En tout cas, ça a servi comme tu viens de le voir, à rider avec du matos qui va bien, à te montrer ce qu’il faut faire, à t’en mettre plein la tête bref à montrer la voie. Comme pour enfoncer le clou, au cas ou t’es toujours pas convaincu, les représentants de l’époque sont toujours là et monstrueusement respectés, car ils ont fait et font encore aujourd’hui. Tony, peut-être un des rares gars ou t’as pas besoin de mettre son nom de famille d’oiseau, Robby ( idem), Laird (rebelote), Regis Rolland, pour ne citer qu’eux. Ils sont toujours là et ils frappent toujours fort ( si tu dis le contraire, gamin, tu risque de le sentir !). Certains, comme Natas, se font plus discret sur scène mais sont toujours là. Dans le milieu de la création, de la pub, du matos, de la réalisation, comme Stacy peralta à qui nous devons Riding giants, ou les Dogtowns and Z boys. Bref, les gens de l’époque du fluo ne faisaient pas des sports fun, ils vivaient ça tout simplement. Un mode, un art de vivre, qui, s’il est bien manié permet de rester dans le milieu que l’on aime jusqu’à la fin de ces jours.

 

Et puis, jeune, saches que la vie est un éternel recommencement, tu le verra bientôt dans les épisodes de ta vie à toi. Et pis tiens, en vrac : les converses d’antan font la vitrine des skates shops, les longboards, après s’être allongés, raccourcissent pour redevenir les decks d’avant. Apocalypse snow IV vient d’être tourné cet hiver. Une marque célèbre avec un O, remet au goût du jour ces logos, à mon goût à moi, bien moisi, comme certaine lunettes que l’on qualifie de rétro. Les fringues des pro-riders se recolorent pour les besoins de lisibilité de l’image, on en revient au fluo. D’ailleurs, cet été n’est il pas fluo ? hein, hein qui qu’a raison ?!

 

Alors, maintenant que tu viens de torcher le plus bel article que t’ai jamais lu, tu fais une biz à ton mag préféré, pas forcément à la double page porno mais si tu veux, fais comme chez toi ! Tu le poses sur ta serviette, tu waxes ta board ou tu fais tes lacets, comme tu veux tu choiz et tu vas déchirer le spot mon gars, au noms de tous ceux passés, présent et futurs, qui pensent qu’une journée sans ride, c’est pas fun…et que si c’est pas fun, ça en vaut pas la peine !

 

Il y a encore des pages d’histoire à écrire…Tu sais ce qu’il te reste à faire.

Filmographie, parfais ta culture si tu sais pas lire ! :

-       Apocalypse snow I, II et III : le génie de la glisse poursuivi par les méchants, ça a pris un coup de vieux mais Dieu que c’était bon de voir ce truc sorti de nul part. Un classique.

-       A view to a kill, 1985 : James paye son ride en snow

-       Police academy 4, 1987 : j’ai pourri les têtes de lecture de mon scope à me repasser cette session de street endiablé, doublé par la bones brigade, film fun au demeurant et culte pour la session.

-       Dog town and Z boys, 2001, lords of dogtown, 2005 : Peralta nous retrace les pages de l’histoire du skate et de Dogtown en particulier. Le premier est un docu, le deuxième, un film.

-       Wheels of fire, 1987 : Santa Monica Airlines présente Natas, dans ta face. A voir, sans oublier que tout ce qu’il fait était nouveau à l’époque.

-       Skate or die ( gleaming the cube en VO ), 1989. Christian Slater dans un film de skater, en guest on retrouve Rodney Mullen, Peralta and Hawk, le pizza man !

-       Waves warriors I et II, 1988 /89 : le surf vu par Fletcher

-        Public domain, 1988 : une des nombreuses vidéo de Powell-Peralta avec Danny way en autres

 

J’en termine de te saouler avec un merci car je suis poli moi monsieur ! Donc un coup de chapeau et un grand à MERCI à ceux qu’on ne voit pas, à Uhaina, Mr Bessas, à tous ceux qui ont fait et font des films et des photos ici et ailleurs, car sans eux, pas d’images ni riders, pas de rêves, pas d’envie…la merde quoi. Alors merci de nous avoir montré la voie…Way to go, man !

 

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