La hit list du skieur

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On a tous des objectifs, des rêves qu’on désire accomplir avant de passer à « autre chose » ! Vous tenez Skieur dans vos mains, aussi, Dieu nous garde, vous aspirez sans doute à autre chose que le schéma classique : femme, enfants, maison, toutou et crédit sur 25 ans ! Les riders, en éternels enfants qu’ils sont, ne mourront sans doute pas bien riche mais, j’ose le croire, avec une existence bien remplie ! Je parle bien sur de ceux qui ont élevé le ski en tant que manière de vivre et non de pratique dominicale ! Mais peu importe, nous sommes tous ici réunis pour la même cause alors au diable les étiquettes.
A l’image de la vie, que ce soit à court terme, le temps d’une journée ou à plus long terme, sur un hiver, nous nous fixons des buts à atteindre sur nos chères lattes. Se « faire » telle pente, rentrer tel trick, boire 20 vodkas red-bull au Mondial ( heu pardon je m’égare !)…
Bref, la passion est un moteur qui consomme une énergie insoupçonnée et inépuisable. Elle nous pousse toujours plus loin dans la quête du plaisir, reléguant parfois la raison loin au fond d’un tiroir…où ailleurs mais peu importe : skieur et heureux. Alors que ce soit pour trouver un second souffle à une passion en perte de vitesse (est-ce possible ?) ou histoire de vous mettre de petits et même de gros challenges, voici une « hit list », avant de mettre un jour, les larmes à gauche

  • 1 Impressionner les locaux

Il y a des spots déserts, avec la petite famille qui fait mumuse sur le front de neige, papy et mammy qui paye leur boucle de ski de fond, et Robert et Thèrese qui sont rotis au vin chaud, sur la terrasse en plein cagnard. Dans ces conditions, facile d’impressionner la galerie. Que ce soit avec tes fats derniers cris, les derniers fs ou plus glorieusement par ta technique, facile pour toi Emile, de calmer tout le monde. Mais le problème se corse nettement dès que l’on attaque un spot réputé. Freestyle ou freeride, toujours plus facile de jouer à domicile mais quand arrive en terrain inconnu, ce n’est pas la même. Pourtant, réputation à tenir ou amour propre vivace, il va falloir y aller au charbon. Avec les locaux qui mettent la pression et les guiboles qui flageolent, attention à la faute. On trouve du niveau dans toutes les stations qui méritent le détour. Laisser votre trace sur la montagne et dans la mémoire des locaux est un challenge égal à la notoriété du spot.  Alors quelle sera la taille de votre défi…?

  • 2 Faire un contest

La fibre de la compétition, on l’a ou l’a pas. Je vous jetterais pas la pierre Pierre : ne pas avoir envie de se tirer la bourre avec ces congénères n’est pas une tare ! Certes la compétition nous aide à progresser, à pousser des limites qui seul, sont difficiles à trouver. Le revers de la médaille : se demander parfois ce qu’on fait là. Mais pour la fête, la joie de se retrouver tous ensemble, de faire un podium, de faire le show, pour le frisson, pour skier mieux ou encore pour décrocher ( et même garder !) des sponsors, le passage par la compétition est obligé. Que ce soit freestyle, freeride ou même en alpin, tentez l’expérience (attention vos limites !) et devenez quelqu’un d’autre l’espace d’un run ! Peut-être que vous y prendrez goûts sait-on jamais…

  • 3 Avoir une (belle) photo de soi

Les gens de l’extérieur pensent qu’il est toujours question d’ego démesuré. Votre copine en bave de toujours devoir tenir l’appareil pour prendre vos exploits en photo. Rassurez-vous, nous comprenons ! Le ski, le surf, les sports de glisse en général offrent des sensations peu communes. En plus, l’image qu’ils renvoient est top tendance. Bref, on est sûr de faire le « sport » le plus cool de la planète et on en est drôlement fiers alors quoi de plus normal de vouloir une belle photo de soi en pleine action. Avoir un beau cliché matérialise notre fierté de rider et prouve aux autres notre appartenance à la « famille ». La chasse aux jolies photos est un « passe temps » qui motive beaucoup. Du touriste aux pros, tout le monde y passe ! Mais n’oubliez pas ce n’est pas le smile qui compte ici. Choisissez le bon spot, le bon œil ( pas le plus facile à trouver !), la bonne position et payez votre belle tof !

  • 4 Faire un pèlerinage

Oui, chers frères. Même si vous n’allez pas à l’église le dimanche matin vous êtes croyant, vous avez un Dieu, une religion. Chaque regard à travers la fenêtre est une prière, chaque goutte de sueur est une offrande, chaque équipement acheté, chaque blessure un sacrifice. Vous passez plus de temps à pratiquer vos rites religieux sur les montagnes que n’importe quel autre croyant ne passe dans son sanctuaire. Chaque hiver, vous espérez que le Dieu de la glisse vous entendra et amènera des mètres de neige. Malheureusement, les miracles ne sont pas toujours exaucés. Il reste alors l’ultime solution, vous rendre dans le lieu sacré que tous vénèrent : l’Alaska. Il vous faudra encore faire des sacrifices, peut-être même parfois pour rien si notre Dieu en décide autrement, mais avec un bon karma ( voir n° 14 ) et de la chance, vous monterez (en hélico ) au « ciel ». L’attirance vers ce spot mythique est irrésistible. Tous les riders en rêve, Des faces magiques, des flûtes enchantées, de la pente pleine la poudre : non vous n’êtes pas mort mais oui vous êtes bien au Paradis. Amen

  • 5 nommer un spot \ faire une première

Quelle jubilation de skier une montagne, un itinéraire quand on sait que personne n’est passé par-là avant ! Plus on avance, plus il est difficile de trouver des pentes vierges de toute histoire. Il faut soit être un skieur extrême de haut vol pour déflorer des pentes dans les Alpes ( ?! ) ou même (et surtout) plus loin encore, soit avoir un porte monnaie qui vous emmènera dans les bases d’héliski où les massifs regorgent encore de pentes qui n’ont jamais vu de skieurs. Quand on dit « première » on pense aussitôt pente extrême. Inutile de vous mettre dans du 55° pour faire des premières, au Canada dans les bases des tontons, certains se gavent de pentes à 30° degrés. Bon quand on rajoute de la peuf, car on conçoit toujours une première avec des contions parfaites, pourquoi faire la fine bouche ? Les finances vous manquent ? Alors creusez-vous la tête mais ne creusez pas votre tombe !! Observez, étudiez, réfléchissez bien et peut-être pourrez vous donner votre nom à un nouvel itinéraire. Et dans ce cas, n’oubliez le numéro 3 de la liste afin d’établir la preuve par l’image !

  • 6 dropper un pro

Le soir, et même plus tard, ça vous fera une anecdote à raconter ! Prenez soin de bien regarder autour de vous quand même, on ne sait jamais ! Au sommet de la montagne ou du park, vous apercevez le célèbre rider « x ».  Les autographes, les photos collés aux pros, c’est pas votre truc ! Tel le petit qui veut impressionner les grands, sans réfléchir un instant, vous démarrez avant la star. Les chances pour que vous entendiez un flot d’insultes, relayé par le photographe tapis dans l’ombre, sont assez importantes. L’instant est grave, vous rigolerez plus tard, pour le moment il s’agit de vous appliquer pour :

    1. essayer d’être le meilleur possible et montrer que vous aussi, vous savez faire
    2. ne pas tomber, sous peine de vous couvrir de honte et vous cacher sous la neige jusqu’au printemps
    3. partir le plus vite et le plus loin possible et ne pas vous arrêter avant lonnnngtemps !

Avertissement : pour votre sécurité, éviter de renouveler l’opération trop souvent ! En plus, vous auriez pu vous faire un pote supplémentaire si ça se trouve.

  • 7 Disparaître

Vous avez économisé depuis longtemps, blasé par des hivers sans queue ni tête, vous avez décidé de mettre les voiles pour un petit moment. Vous voilà arrivé dans ce pays plein de neige ( lequel ?) et vous êtes heureux comme un coq en patte. Vous donnez de vos nouvelles régulièrement à votre entourage, trop content et peut-être même un peu méchant quand même de faire partager votre bonheur à ceux qui pleurent en lisant vos mails. Puis les jours passent, vous ne donnez plus aucun signe de vie, à l’image du surfer qui s’enfonce dans la jungle à la recherche de la vague perdue. Vous êtes bien, aux anges mais voilà vos proches s’angoissent… Jusqu’au jour où vous réapparaissez avec une longue barbe de ski bum ( why not ?) et le sourire qui va avec.  Vous l’avez fait, l’espace d’une longue période vous avez tout mis de côté pour vivre la vie dont vous avez toujours rêver. Zéro contraintes, plus de téléphone, mails, compte à rendre, juste une bonne odeur de chocolat chaud et de pan cakes suivis irrémédiablement d’un claquement de fixations et d’un ride poudreux, au milieu de nul part, en compagnie de quelque compagnons de joie, loin de tout. La vie avec une grand V. Oserez-vous ?

  • 8 Scorer le jour de Noêl

Les cadeaux, la famille, le repas qui n’en finit plus alors que dehors il fait froid, il y a de la neige et pas grand monde pour trasher tout ça. Les récurrentes « obligations » de fin d’années, les soupirs discrets mais réel de celui qui est là mais qui aimerait être ailleurs ! Qui n’a pas rêver de s’évader pour savourer en solo une des premières sessions d’un hiver qui démarre ? Montrez votre force de caractère et le côté parfois égoïste du rider : sortez vous faire plaisir. Faites-vous un beau cadeaux, en douceur avec un petit mensonge ou franchement sans prendre des pincettes, peu importe la manière mais payez votre session du 25 décembre … et joyeux Noël !

  • 9 cinq étoiles

Le luxe ne fait pas forcément rêver. Pour un rider, la poudreuse peut suffire au bonheur. Mais se faire servir la peuf sur un plateau en or plairait même au plus rebelle des skieurs. Il y a des trésors dont tout le monde connaît l’existence mais où peu d’élus ont la chance d’aller. Des lodges parsemés ça et là sur la planète blanche. Vous les trouverez en plus grande quantité dans les endroits où la neige est-elle aussi, présente en grande quantité c’est à dire en Amérique du Nord ! Se réveiller dans un lit king-size, sortir de son chalet privé, parcourir des allées aux murs de neige plus hauts que vous, rentrer dans un lodge pour manger un petit déj de prince, prendre un hélico, faire des premières traces toute la journée, longuement hésiter en fin d’après midi entre jacuzzi-massage ou massage-jacuzzi puis manger un dîner de Roi et recommencer durant sept jours cette épuisante routine. Ne nier pas, vous en rêvez-vous aussi ! Cochez la bonne réponse ci dessous pour décrocher la timbale :

    1. je suis docteur, dentiste, chirurgien ou assimilé
    2. je suis pro rider
    3. je pleure mais j’ai des mouchoirs
  • 10 inventer un trick

Il y a quelques années, avec un peu d’imagination et d’espièglerie (spécial dédicace !), il était relativement aisé d’inventer un nouveaux trick. Les rotations y sont passées, c’est maintenant le tour des grabs et aussi des rails de voir encore du nouveau, ou encore la transposition du fs en freeride mais une chose est sur, il va falloir se lever tôt pour laisser son nom dans ce domaine.
Mais les seules limites sont l’imagination et tout est possible pour devenir célèbre, au moins au niveau du cercle de potes, alors à vous de voir, y a peut-être moyen : daffy croisé to hôpital, zinc slide to bière fraiche reverse cuite, switch 5 to rivière, back to tronc d’arbres… Soyez fou !

  • 11 apprendre à quelqu’un

L’opportunité de donner des conseils se présentera tôt ou tard si tant est que votre niveau vous le permette ! Aider votre prochain, transmettre une passion, prêcher la bonne parole, tel est le destin de chaque pécheur. Attention, je vous vois venir, je ne parle pas de vendre du virage ! Je ne sais pas si le plaisir ça s’apprend mais en tout cas ça se vend et ça coûte cher. Et la passion de la glisse est souvent remplacée par l’attirance pour le fric, méfiate ! Vous ferez cela par bonté d’âme, sans arrières-pensées parce que c’est dans la nature humaine de transmettre ce que l’on aime. Ca vous fait plaisir de voir quelqu’un d’aussi motivé et demandeur, faites simplement ce qu’un autre a fait pour vous, il n’y a pas si longtemps.

  • 12 road trip

L’avion se sera pour une autre fois, le banquier a beuglé un non négatif ! Le temps, c’est de l’argent et de ce côté là, vous n’êtes pas pauvre, c’est déjà ça ! Vous disposez d’une voiture, mieux d’un break, mieux d’un van ! L’Europe s’ouvre à vous. Italie, Suisse, Autriche… Il y a de quoi faire chez nous (vive l’Europe !). Dormir dans votre véhicule vous permettra des économies non négligeables. A vous la poudre, il n’y a qu’à suivre les dépressions à la trace. Squattez les parkings, prenez les premières bennes, liez-vous d’amitiés avec les riders de passages, les locaux. Découvrez les secrets spot en leur compagnie et payez votre session thé chaud en fin de journée, tous entassés dans le mini van A. vous l’humidité, les nuits froides dans le sac de couchage, les sorties de ce même sac très pénible ( certains dorment habillés…), la bonne soupe qui réchauffe autant que les souvenir frais comme la peuf du jour, on vit dans le froid, on se couche dans le froid mais avec une âme en paix et un sourire en banane. Souvenirs impérissables et must du ski-bum ! Qu’attendez-vous ? Vous êtes encore là ?

  • 13 rencontrer une légende

Elles ne courent pas les rues, les légendes. Je parle bien sûr des figures mythiques, celles avec lesquelles on veut être pris avec en photo même si on n’est pas du genre « groupie » ! Celles qui font partie de l’histoire. Il y a des endroits où vous aurez plus de chances d’en croiser, tel un spot world-class, un bar dans un spot world-class, un salon world-class, un festival world-class… Bien sûr, sur la neige c’est mieux, n’oubliez pas que son âge sera sans doute plus avancé que le vôtre et que pourtant force est de constater qu’elle tient encore bien debout la légende ! Avec un peu de chance, vous partagerez quelques instants en tête-à-tête sur un télésiège avant de le rendre au monde. Le soir peut-être, vous le reverrez dans une boîte world-class, entouré de jolies filles bravant la différence d’âge. Heureusement pour vous, c’était votre tour durant la journée car là, il va falloir repasser…

  • 14 Un bon karma… (…que Dieu vous rendra )

Vous venez de vous payez une bonne suée ( notez que les randonneur disent bavante mais comme je randonne pas des masses, je préfère les suées, ok ?!) et vous voilà au sommet de cette combe aux formes rondes, esthétiques et ma foi bien appétissantes. Le tableau est parfait puisqu’il n’y a aucunes traces, il n’y a plus qu’à… Soudain un souffle rauque vient troubler vos pensées qui vous précédent déjà dans la pente, vous ramenant brusquement à la réalité. Les deux zigues que vous avez fumé à la montée arrivent enfin. D’ordinaire prêt à sortir le fusil et à faire entendre la voix de celui qui veut sa première trace, vous vous ravisez et posez un regard empreint de pitié ( juste un peu rassurez-vous !). Une vague de gentillesse et d’altruisme vous submerge. Grand Prince, vous annoncez à vos deux « hotes » que vous leur laissez la première trace. Que c’est bon de jouer au Prince parfois. Ok, ce n’est pas totalement désintéressé, vous savez que c’est bon pour le karma et que ce geste vous serez rendu !

  • 15 mauvais endroit, mauvais moment

Il y a des jours où on resterait bien coucher. Cette petite phrase s’avère o combien vrai quand il s’agit d’aller au boulot mais certainement pas que la neige vient de tomber toute la nuit. Trop heureux, vous oeuvrez pour être à l’heure de l’ouverture de votre spot favori. Vous tombez sur un groupe de locaux, que vous connaissez de vue. Ces derniers vous proposent de vous emmener avec eux. Trop content, vous acquiescez sans réfléchir et vous voilà en train de suer pour parvenir au sommet d’un couloir mérité ! Pffff, l’entrée s’avère nettement moins easy que prévu. Il n’y a pas une trace et votre petit doigt ne le sent pas vraiment bien. Le hic, c’est que le retour en arrière est impossible. Comme on dit : l’escalade c’est facile, la désescalade, c’est autre chose. C’est le genre d’instant où on se demande ce que l’on fait là, celui qui peut précéder la panique sans une bonne maîtrise de soi. Finalement rester au lit, ça aurait pu le faire. Les locaux sont rieurs. Cachent-ils leur état d’esprit réel ? Stupides, aveugles, inconscients, très forts, trop confiants ? Comment savoir ? Le premier rentre dans la pente. Les minutes sont longues, les manœuvres lentes, délicates… Bientôt ce sera votre tour. Suite au numéro 23…

  • 16 session solo

Il est des activités qu’il n’est pas conseillé de pratiquer seul. Partager des tranches de bonheur avec ses fidèles compagnons de ride fait partie des joies du ski mais la raison principale est bien sûr la sécurité. Un accident alors qu’on est seul peut vite devenir une catastrophe. Mais on ne choisit pas toujours. Il a tellement neigé que votre pote ne sera pas l’heure aujourd’hui, l’autre n’aurait pas du sortir hier soir. Bref vous voilà seul. Au moins, pas de bavardages ni perte de temps, vous êtes le seul maître à bord. Vous déflorez vos runs favoris, redoublant d’attention, l’oreille grande ouverte, l’esprit en éveil. Alternance de joie et d’appréhension. Que de neige brassée cette journée, que de bons moments un peu solitaire certes mais la communion avec la nature fut parfaite. Tant pis pour les absents, un petit coup de téléphone le soir pour remuer un couteau profondément enfoncé !! Il n’avaient qu’a…

  • 17 skier en famille

Sans doute est-ce cette dernière qui vous a mis sur les skis ? Le petit dernier qui débute, les parents qui y vont tranquille et vous au milieu. De toute façon, la neige n’est pas top, le meilleur endroit se trouve sur la piste. Aller, vous avez déjà commis un impair ( voir numéro 8 !), il est l’heure de vous rattraper et de rendre fier votre entourage. Une bonne journée au soleil, comme au bon vieux temps. En plus, les parents payeront sans doute le resto de midi alors pourquoi repousser encore ?!

  • 18 casser ces skis

Le genre d’anecdote qui fait chier car elle coûte cher mais qu’il fait toujours très classe de raconter. Dans le genre, je suis un boucher, l’option «  moi avoir cassé skis » déclenche des « wahou,  put…n,  nan t’as du y allé fort ?! ». Modestie en première ligne, vous haussez les épaules en répondant un « pas plus que d’habitude » puis racontez votre exploit. Bien sur, le souvenir est moins pénible à raconter si l’incident fini sans bobos ou si vous n’étiez pas à l’autre bout de la planète avec une seule paire pour le séjour ! Enfin, « tester » et venir à bout de la solidité du matériel fait partie de la vie du rider et il y a fort à parier que vous avez déjà cocher ce numéro sur votre liste…

  • 19 gros tirs

L’adrénaline, cette petite molécule qui accélère le rythme cardiaque, qui fait trembler comme une feuille morte. Certains lui courent après, d’autre se font attraper par surprise mais une fois passé, tout le monde en veut encore. Tout le monde aime à placer la barre un peu haut, en tout cas, plus haut que la fois précédente. Les pros taillent des droites en dizaine de kilomètres/ heures et comptent les mètres en barre par dizaine de mètres également. Sans aller jusque là, que celui qui ne s’est jamais mis une transe lève la main. Comme pour les photos, besoin de se prouver qu’on peut le faire, de flamber…Les raisons sont multiples mais tout le monde est titillé par cet irrésistible attrait du « toujours plus ». Alors, un bon jour de peuf, tentez la droite qui tue ou posez le fly de votre vie sur cette barre qui vous taquine depuis un moment. Dites merde à votre peur, sortez-vous les doigt ( ok j’arrête) et préparez vous pour le grand frisson. Réussissez, sortez votre sourire et dites «  putain je l’ai fait ! »

  • 20 ski de nuit

Depuis quelques temps, les stations rivalisent d’ingéniosité pour faire rentrer des euros dans leurs caisses. Les puristes n’auront pas attendu la mode pour skier de nuit. Une montagne enneigée au clair de lune est un spectacle sans pareil. Le relief se gomme et laisse place à l’imagination. Après les fêtes au bord de l’eau à Goa, voici le temps des fêtes en bars d’altitude, suivies de descentes hilarantes. L’alternative sera d’attendre, à la limite de la congélation (certains monteront en peaux…) au sommet d’un run, vierge si possible (pas trop pentu quand même car avalanche de nuit égal gros ennui !) et de s’en payer une bonne tranche. Evitez les verres protection 3 sous peine de ne rien voir du tout ( !), et c’est parti pour le fou rire. Attention l’abus d’alcool réchauffe mais il est dangereux pour la santé !

  • 21 faire son film

Tout le monde y va de son petit film sur « youtube ». Qualité de tournage et ou de prestations très inégales, à l’instar de la photo, on veut tous notre instant de gloire via son film. Rien de plus facile avec un matériel vidéo et informatique à portée de bourse, que de pondre un chef -d’œuvre. Si le rêve n’est pas toujours au rendez-vous, on peut au moins rigoler. Il va falloir y passer du temps, un peu de sérieux et de savoir-faire et peut-être qu’Hollywood vous rachètera les droits. Pas certains mais en tout cas, un bon moyen se voir, de se faire voir et là encore de s’amuser entre potes. Silence, moteur…Action !

  • 22 cicatrice

Malheureusement, cet item fait partie de la panoplie de bon nombre de skieurs et on s’en passerait bien. Aller, on vous l’accorde, celui là, vous n’êtes pas obligés. Les blessures de guerres, on dira ce qu’on veut, on s’en passe. Alors, on s’arrête là !

  • 23 effectuer un sauvetage

Vous n’êtes plus que trois au sommet. Le premier est maintenant hors de vue, et le silence s’est installé. La neige a bien dégueulé pour laisser apparaître des rochers un peu partout. La glisse est un terme qui ne pourra plus s’appliquer ici. La pression est monté d’un cran. Vous ne vouliez pas désescalader mais il va falloir s’y coller, skier au pied en plus. Vous comprenez vite que vous passerez le dernier ! En essayant de calmer votre palpitant, vous regardez descendre le second, plus le troisième. Soudain, un craquement brise le silence autour de vous. Vous entendez crier puis vous distinguez un nuage de neige qui remonte à flanc de montagne. Vous avez compris. Le temps s’arrête. Vous ne vous souvenez plus comment vous avez fait pour descendre jusqu’au point de fracture de la plaque. Vous basculez votre ARVA en réception. Les autres riders sont déjà à pied d’œuvre plus bas. Vous commencez sans le savoir votre premier sauvetage. Le genre d’épisode qui remet en place. La suite n’est malheureusement pas écrite. La vie tient à peu de chose. A chacun de mettre le plus de chance de son côté. Equipement, connaissance de soi, du terrain, du matériel…Pour que la montagne reste un plaisir et un espace de liberté, ne faites pas n’importe quoi…

  • 24 heli

oui, bon d’accord, perdu au fond d’un lodge au Canada, avec la flûte de champagne qui vous attend au bord du jacuzzy, ce serait le top. Mais dans ce cas, vous seriez un pro et vous n’auriez pas ce magazine dans les mains, vous seriez dedans ( je taquine !). Pas très écolo mais sans trace, après son passage…à part les votre, l’héliski donne des ailes (enfin façon de parler ). Le rêve de tout skieur de poudre est de se payer quelques runs en hélico au moins une fois dans sa vie. De longs dénivelés loin des domaines balisés, une liberté ( ça dépend où ) d’action inégalé (piloooote, si t’es champion…), des faces vierges, des groupes de skieurs restreints bref un mythe. L’Italie et la Suisse toute proche permettent de toucher du doigt ce rêve mais attention hélico ne veut pas forcément dire bonne neige, choisissez bien votre heure. Dernier avertissement, si l’expérience s’avère réussie, elle entraîne une dépendance immédiate…

  • 25 piégé par la neige

Votre semaine de vacance à la neige touche à sa fin. Tout s’est bien passé si ce n’est cette neige que vous auriez préférée plus abondante encore. Comme la coutume le veut, l’or blanc tombe mais il ne vous reste plus qu’un jour avant de repartir. Quel dommage, il y a  sept ans, on aurait dix qu’il tombait des pièces de 5 francs, on dira juste qu’il tombe des pizzas. La chute dure depuis vingt quatre heures maintenant, les informations relayent les problèmes de circulations sur tout l’hexagone. Si ça continue, ça va pas pouvoir continuer ! effectivement, à l’heure du départ, les routes sont impraticables, la visibilité est nulle, la station fermée. Votre rêve de gosse se réalise, cas de froce majeure, ce n’est pas votre faute. Il n’y a plus qu’à prolonger des vacances forcées avec un jour de bonus quand le soleil sera revenu !! Comment partir sans au moins en profiter un peu ! Chut, on ne dira rien au patron.

  • 26 skier l’hémisphère sud

Enchaîner les hivers, ne jamais s’arrêter de skier. L’endless winter permet de garder le contact ski-neige de longs mois avec de très brèves interruptions. Mode de fonctionnement obligatoire pour les compétiteurs avide d’entraînement tout comme pour les riders qui cherchent des conditions qu’ils n’ont pas toujours eues, c’est un passage incontournable pour beaucoup ! Changer d’hémisphère permet non seulement de skier mais aussi tout simplement de voyager, d’ouvrir son horizon. Le ski trip se transforme alors en émerveillement, en rencontre de tout genre, en joie parfois en désillusion mais toujours en moments forts. Même sans neige, vous trouverez d’autres réconforts dans un pays où tout est à découvrir. Pour calmer votre addiction, ou comme simple prétexte au voyage, la Nouvelle-Zélande ou encore l’Argentine par exemple, vous tendent les bras. Osez l’aventure !

  • 27 gros ratage

Il y a des jours où on resterait bien couché ( tiens déjà vu !). Il n’y a pas si longtemps, vous rigoliez encore en pensant à la dernière session que votre pote avait ratée par excès de flemme ! « Quel looser » disiez-vous. Aujourd’hui, il a neigé, mais le côté obscur a eu raison de votre discipline sans faille. Vous n’auriez pas du aller boire un apéro hier soir. Phrase que vous vous êtes répété toute la soirée et une bonne partie de la nuit car vous saviez le scénario écrit à l’avance. Ce matin, impossible de décoller, la tête est lourde, le réveil s’est fait tout petit, si petit que vous ne l’avez pas entendu ( ou alors fait semblant). La mauvaise conscience n’y fait rien. C’est râpé pour aujourd’hui, il ne vous reste plus qu’à prendre des aspirines en essayant de ne pas vous faire trop mal en pensant à ce qui se passe dehors…et à attendre un coup de fil qui finira d’enfoncer le clou.

  • 28 le Mont-Blanc

Notre sommet vient encore de grandir. 4810 mètres s’il vous plait ! Les skieurs extrêmes sont le lien entre le ski et l’alpinisme. Ils cumulent les modes de déplacements et techniques communes à ces sports qui se pratique sur un seul et même terrain de jeu. Skier le Mont-Blanc n’arrive pas tous les jours et n’est pas à portée de tout le monde. Sans parler de pentes extrêmes, c’est plutôt la condition physique des prétendants qui sera prépondérante. Bien encadrés et dans de bonnes conditions, l’expérience est un must. Evidemment l’orientation est tourné vers l’alpinisme et une certaine pratique dans le domaine est nécessaire. Le numéro 28 ne sera pas accessible à tout le monde. Pour les autres, de petites courses ou même des randos avec au moins une nuit en refuge, l’ambiance chaleureuse, les départs à la frontales, les levers de soleil : vivez le ski autrement, loin des pylônes au moins une fois et peut-être que vous ne remettrez plus une spatule sur un domaine balisé !

  • 29 skier au-dessus de l’eau

La qualité et la quantité de neige sont les deux paramètres importants. En général, ceux que l’on met au sommet de la liste quand il s’agit de décider de la destination d’un voyage. Seulement voilà, quand on arrive sur le spot, les conditions ne sont pas toujours rêvées. Dans ces cas là, les moyens d’oublier sont rares. L’alcool en est un ( !!), la magie du lieu en est un autre. On peut skier une neige loin d’être bonne et pourtant ne pas bouder son plaisir si le décor est grandiose. Skier avec vue sur l’Océan est un instant magique, la neige peut-être croûtée, ventée, gelée cela reste un plaisir de glisser face à la mer. L’Islande, la Norvège, le Japon, l’Alaska, la Nouvelle-Zélande sont des destinations qui offrent toutes la possibilité de skier plus ou moins loin des rivages. L’expérience est unique et à faire une fois dans sa vie. Si, on peut rajouter la petite session de surf à la liste, c’est le summum !

  • 30 grosse boite

( voir numéro 18 !) Se mettre « le soleil » du siècle, reste longtemps en mémoire, voire même toujours. La présence de témoins permet d’appuyer vos envolées lyriques au détour d’une discussion « skiistique » ( pour changer !). On n’aime pas trop de ce genre d’épisode, surtout s’il laisse des marques physiques mais ils permettent, d’ouvrir les yeux, ou encore de nous rendre comptent qu’on est toujours vivant après !  Malgré la chute, on peut y gagner en confiance et dans tous les cas, on pourra dire qu’ « on y va, au chocolat ! » revers de la médaille, les foutages de gueule ne font que commencer !

  • 31 à vous de jouer

Ca y est, la liste est terminée. A l’exception de quelques numéros, elle pourrait s’adresser au Père Noël ! Comme les grands enfants ( ou petits !) dont je parlais au début, on en voudra toujours plus et sitôt un challenge remporté, on passera sans attendre au suivant jusqu’à épuiser la liste et trouver de nouveaux défis, de nouvelles idées car cette dernière est loin d’être exhaustive. Il ne tient qu’à vous de la prolonger à l’infini. Alors plus une minute à perdre, sortez couverts et  faites-vous plaisir !

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