le paradis du flowerpowder skiing

 

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Photos : Jako Martinet 
rider et texte : Xavier LEONTI


Nelson, ski town de 5000 habitants, cachée quelque part entre Vancouver et Calgary, non loin de la frontière US. Il est 8h du mat, comme tous les matins, les nuages sont inexistants en cette fin mars. Le moteur de la grosse américaine chauffe. Nous partons dans un instant tracasser le domaine de « Valhalla powder cat « . Un massif exploité par deux rattrack qui grimpent littéralement aux arbres.

Dans la mythologie viking, Valhalla signifie le lieu (temple pour être exact ) où les Dieux viennent se reposer. Nous ne sommes pas des Dieux, nous ne sommes pas fatigués mais le domaine, dont tous les sommets portent des noms de divinités, méritent amplement la comparaison avec le paradis.
C’est parti pour une petite virée dans une des plus radicales cat-operation de Colombie britannique.

COOL, RAOUL

Avant de vous emmener là haut sur la montagne, je me dois de vous parler de la ville de Nelson. Non pas qu’il faille connaître le pire pour mieux apprécier le meilleur. Car pour moi rien n’est pire qu’une ville mais simplement parce que cet endroit mérite qu’on s’y attarde, et croyez moi si j’aime une ville, c’est qu’elle est peu ordinaire…

Au milieu du 19ème siècle (1857), aidé par la fougue des chercheurs d’or, elle sortait de terre. Le parfum de l’ancien temps flotte toujours dans les rues, pardon la rue principale car Nelson est une des très rares villes de cette époque à ne pas avoir brûlée dans un incendie, comme c’est d’ordinaire la coutume au Canada ! Les bâtiments sont donc tel qu’on les imagine dans nos rêves d’ouest ! Ici, vous l’avez compris, il n’y a pas de building ou d’immeubles à la laideur incontournable. On ne dépasse pas les deux étages et c’est tant mieux.

La Colombia river, qui coule aux portes de la ville et les montagnes alentours, carte postale typique du l’ouest canadien rajoute sa bonne grosse dose de douceur de vivre. En confort de vie, et là je pense qu’un certain nombre d’oreilles vont se dresser, on découvre que Nelson est une ville hyppie ! Ou de hyppie comme bon vous semble. Le nombre de personnes, qui sortent droit du concert du 15 août (de 1969 : Woodstock pour les incultes !) est simplement hallucinant. Cheveux longs, robes, barbes, air zen et j’en passe…

Je n’oublies pas de vous parler du nombre de magasins qui traitent du bien être, Fen Shui, yoga, Shiva, ectera… Ici, on est vraiment pour la paix, la guerre, on la laisse aux voisins d’en bas !Comment vous expliquez davantage ce qui flotte dans les airs. Avec l’agglomération, Nelson compte 10000 habitants et deux écoles d’art parmi les plus coté de CB… Les bars et salon de thé respire la tranquillité et chose rare, ici le chevelu et le mec en costard taille le bout de gras alors qu’à Fernie par exemple, les classes ne se mélangent pas. Quand je vous dis…
Rajoutez 4 magasins de sport outdoor (kayak, grimpe, ski, vtt et pas foot !) pour une rue de 500 mètres de long, une boite de nuit toute petite mais qui voit passer toutes les stars du Rock et le compte est bon. Z’en connaissez beaucoup des villes de 10 000 habitants qui accueille Green Day par exemple ?

Et le ski dans tout ça, me direz vous ? Le ski, il suinte par tous les murs. C’est une ski town. Ca veut dire que la majorité des gens qui vivent ici font du ski. L’hiver, dès qu’un pied de fraîche est tombé (30 cm environ), les magasins ferment, les bancs de l’école se vident et tout le monde se retrouve dans la station du coin à 20 minutes de route à peine: Whitewater (14 mètres par hiver en moyenne ). Patrons ou employé : même combat, se gaver de neige. La ville devient fantôme…Ca fait rêver hein ?

Mais bon, je vais m’arrêter là, car je compte bien m’installer là-bas dans un petit moment et je n’aimerais pas vraiment y croiser trop de monde. Alors fini le cours de géo, place au ski, quoi que je suis pas certain que ce soit une bonne chose d’en parler si on va par là !

EN ROUTE

On retrouve Martin, le Boss de l’exploitation, dans l’office, à 15 minutes de Nelson. Nous sommes le 26 mars, c’est le jour de la fermeture ! On rigole un peu jaune en lui expliquant qu’il y a beaucoup plus de neige ici que chez nous et pourtant nos stations vont tourner pendant encore un mois. Le souci, c’est que d’une part, il y a beaucoup moins de clients (et oui, ici on devient difficile !) et que les chemins en basse altitude que tout rattrack doit emprunter pour démarrer son ascension commencent à être sans neige. Il fait chaud et les « loggers », les bûcherons, déneigent les routes d’accès pour leur gros camion qui s’enfonce au cœur des forêts qu’ ils défrichent. Ce faisant, ils condamnent les chenillettes à l’immobilisme. Les machines ramassent trop à rouler sur de la terre et des cailloux.

Soit ! Chacun ses problèmes ! Le notre aujourd’hui est de trouver la bonne neige car le printemps arrive un peu en avance cette année. Les stations alentours ont un important cumul mais le redoux chasse la poudre dans les derniers recoin à l’ombre…

Le niveau de la clientèle ici est : advanced et expert. Comprenez, les 12 places de disponible que compte le rattrack sont rempli par des gens qui tiennent debout dans la pente. Les propriètaires qui font aussi partie des guides qui encadrent ont envie de skier…avec un grand S ! Il veulent se faire plaisir, c’est une des sources de motivation dans le business qu’ils ont démarré il y quatre ans de ça. C’est un bon esprit qui tranche net avec celui des boites d’hélico qui vendent du huit à plat, en poussant des  » you you » à tue tête sur une double verte !

L’éternelle étape de prise en main de l’arva nous laisse le temps d’admirer notre futur terrain de jeu. C’est super raide, ludique, des barres, des mini couloirs et goulets en tout genre mais surtout une poudre qui semble aller plutôt bien.

Les chenillettes passent en démultiplié. C’est impressionnant, c’est une première et on hallucine « comment ça monte bien ». Tellement bien que François, notre cadreur est un peu…comment dire ? Pâle ! On rigole, on rigole. La machine attaque le raide sans problème. Niveau bruit, on a vu mieux certes, ça braille un peu mais ça passe encore. Rapidement, nous voici sur une longue crête qui s’étire loin, très loin. Discrets mais bien présent on distingue ce long chemin qui serpente tantôt en travers des pentes tantôt sur des crêtes jusqu’à plus soif ! Bref, on accède quasi partout, et le reste quand ça ne devient plus possible, c’est à dire quelques pointes méritantes, peut se terminer à la marche mais avant d’en arriver là, il y a de la marge.

YES

Martin nous lâche et nous fixe uniquement le point de récupération, en indiquant la direction. Cool, ici on a l’habitude de voir passer du beaux monde et du gros ski, il connaît la musique et ne devient pas tout vert quand on lui parle de trucs plus ou moins engagés. « T’y fais comme t’y veux, mon fils. On se veut là-bas » Oui, M’sieur !

C’est parti. Une épaisseur de poudre respectable et une pente comme on l’aime. Le premier run n’est pas des plus ouvert mais c’est un mini golf avec des « chutes  » comme il disent. Petite ressemblance avec la grande sœur en Alaska. Des flûtes au goût de chantilly et une pente ou chaque virage paye ses 3 mètres de dénivelé instantané ! Ludique ! Puis la pente s’ouvre, mouvementée mais avec une douceur radicale ! Sweet. On remonte et on change de spot, un joli tour du propriétaire gâché par les nuages qui se ramènent immanquablement pour assister au spectacle. Depuis le début de notre séjour, c’est la même chanson, il fait beau la nuit et pendant le tout début de matinée, puis avec le jeu des températures et la chaleur, le ciel se couvre. Moisson d’image et de ciel bleu assez réduite mais on garde le moral et on savoure. Vision hallucinante, c’est raide, c’est rad , on peut le faire. Ca ne reste pas un rêve, il suffit de demander. Si les conditions sont bonnes, vous irez. Ce ne sera pas la ritournelle du « trop dangereux, d’habitude oui mais là, non ! »

Les boss sont des skieurs et ils veulent en prendre autant que les clients. Les yeux de Martin brille quand il me parle de la joie des guests à la fin de leur journée ou de leur séjour. Voir ce sourire se dessiné sur tous ces visages, les nôtres, est une autre des motivations de ce chef d’entreprise heureux. Il nous parle ski. Il nous dit que c’est un des plus beau métiers du monde. Cette année, il aura fait 5 jours en station, et ces 100 autres jours de ski, et bien il les aura fait ici. Tous en poudreuse… un hiver assez bon, avec 3 mois et demi d’une température qui ne dépassera jamais les 0° et qui gardera la neige comme au premier jour en attendant la prochaine chute ! Je ne suis pas loin de verser une larme…

A avec un petit côté chauvin, il nous parle de la neige. »C’est la meilleure ! »  Elle est  à mi chemin entre la neige du « coastal range « , massif de la côte (température « chaude », beaucoup de chute, neige qui tient bien ), comme Bella Coola par exemple et la neige des Rockies (continental, froide et sèche, qui ne tient pas bien ).
On veut bien le croire, il faudra juste se faire encore d’autres spot pour être à même de juger. Alors, l’heure de quitter le domaine des Dieux arrive. Une nouvelle saison s’achève chez Valhalla, une de plus, avec son lot de sourires et de souvenirs.

Un hiver, une saison qui se termine, à l’instar d’un voyage, amène son lot de nostalgie. Mais la résignation n’est pas mon genre alors on tourne le dos à ces flûtes enchanteresse et on file à Nelson consulter les agences immobilières. Car, finalement, je pense que je vais revenir plus vite que prévu…

 

Toutes les informations, prix, formules, réservation à cette adresse :

www.valhallapow.com

PO Box 968
Nelson, British Colombia
Canada V1L 6A5

tel : 1 888 352 7656

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