Les carottes sont cuites

Station France / Piau engaly                                                                                                 Retour à « reportages »

AVRIL 1999

Le vendredi 9 avril sonne le début des vacances de Pâques pour Toulouse et sa région. Le coeur est toujours à la montagne, l’ envie de rentrer dans les Alpes toujours aussi grande mais hélas le porte-monnaie toujours aussi petit (ah, la vie étudiante!). D’ un autre côté, le bitume des skate-parks commence à chauffer et les trucks de nos planches à nous chatouiller. Face à ce dilemne, il nous faut prendre une décision… Qu’ à cela ne tienne, les minis et autres bols attendront : direction les Pyrénées.
Notre choix se tourne vers Piau-Engaly. Cette petite station des hautes-Pyrénées distante de 180 kilomètres de la ville rose, bénéficie d’ un des meilleurs enneigement de la chaîne. Le domaine, bien que restreint, offre quelques hors-pistes de proximité, et une partie supérieure du domaine qui permet d’ envoyer des courbes dans une pente sympa mais malheureusemen trop courte. De plus, Saint-Lary, la station voisine, possède un petit park sympathique et on se dit que l’ on ira y faire un tour, faute de se gaver de grosse pow pow.

Le moins que l’ on puisse dire est que ces derniers jours de ski s’ annoncent très relax. On prend quelques jours pour faire les nains de jardins avant de rentrer le matos.

OH MALHEUR !

Samedi arrive. Bien que préparés à ne pas se faire acceuillir par des conditions enchanteresses, c’ est avec tristesse que nous contemplons les couloirs du Cantoural et autre Lagopède. Le soleil a méchamment repris ses droits et il est sans pitié. D’ ailleurs le park de Saint Lary, qui se situe en aval est out of order : plus de neige.

Tout se déroule comme prévu. On squatte la majeure partie du week-end, pele à la main, au fond d’ un quarter (ça respire l’ intelligence !). On prend son temps et le soleil par la même occasion…y a pas le feu au lac. Le dimanche soir, après deux jours de jardinage, je me demande si je ne devrais pas travailler à jardiland ! Trêve de plaisanterie, on commence à se lasser et on se dit que le séjour risque de ne pas se prolonger bien longtemps.
J’ empoigne le téléphone, on ne sait jamais. Un petit coup de 08.36.68.02.65 plus loin et un sourire bête nous scotche le visage : de grosses chutes de neige sont prévues pour les jours à venir. On connaissait les giboulées de mars mais on n’ osait pas y croire… je pense que mes trucks vont attendre encore un peu.

Nous nous réveillons lundi avec une envie préssante d’ aller à la fenêtre. Malheureusement le ciel est aussi bleu que la veille. Il va falloir attendre, semble-t-il. Mardi le réveil s’ accompagne d’ un léger malaise. Après un cours instant, je décèle l’ origine de ce trouble (devrais-je plutôt faire docteur, me dis-je !) : je n’ ai jamais passé aussi longtemps dans un petit périmetre. Je suis en manque de courbes.
Que faire ? Prier ? « Eterner » en attendant l’ hiver prochain ? Aïe, aïe. Ces méditations métaphysiques n’ empêchent pas cette journée d’ être semblable aux autres. Nous passons notre temps à guêter le moindre nuage mais hélas sans succès. La motivation s’ éffrite au fur et à mesure que les heures passent et quand le soleil se couche, l’ amertume se réveille. Que fait la météo? Si elle pouvait être aussi préçise qu’ à Roland-Garros ! Va falloir penser à rentrer les planches. C’ est trop dur, ça ne peut pas se terminer comme ça, souviens toi l’ hiver dernier.

YES

Mercredi, repos après l’ overdose de quarter, journée play-station à regarder par la fenêtre et à se demander quand est ce que p….. de soleil va dégager. En fin d’ après midi, nous constatons avec un grand soulagement que messire daigne se retirer et laisser sa place à d’ épais nuages. Nous nous endormons avec ce même sourire idiot et une fièvre digne d’ un début de saison. Notre patience aurait-elle payé ?



Notre rancoeur envers la météo se dissipe: il y a 20 centimètres de fraîche à St Lary. La seule question qui nous trotte dans la tête du reveil jusqu’ à Piau est la suivante : combien est-il tombé là haut ? Réponse : 60cm. Les coins free-ride ne sont pas légions, mais ce n’ est pas la foule qui va nous géner. La station est désertique…vive la plage ! De plus, le Piau, télésiège qui dessert le sommet de la station, a déraillé il y a deux jours. Eh oui, on ne laisse jamais un siège sur la poulie de retour. Bref, l’ accès aux meilleures pentes est donc réservé aux plus courageux. C’ est une bonne nouvelle, d’ autant que toute la partie gauche est vierge de toutes traces. C’ est par là que nous commencerons, nous réservant pour plus tard les bons coins où personne ne va.

CIAO LE QUARTER

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, c’ est avec grand plaisir que nous attachons nos skis sur le sac via le sommet. Comme il y a une justice en ce monde, les jours se suivent et se ressemblent. Au total, il tombe plus d’ un mètre en quelques jours. Dans les Pyrénées, il faut être présent le jour J car la neige a une fâcheuse tendance à se transformer très vite, pire encore quand la saison touche à sa fin. Un skieur avertit en vallant deux, nous mettons donc le repos au placard pour enchainer des rotations à nous carboniser les cuisses. Les runs ne sont pas longs mais les montées nous font bien transpirer, nous savourons chaque courbes. Les prises de vue nous permettent heureusement de souffler un peu.

La station étant sur le point de mettre la clé sous la porte, d’ autres télésieges sont déjà fermés, transformant des pistes normalement ouvertes en terrain de jeu privé. Avec moins de riders dans la station qu’ en comptent les doigt d’ une main, on a du mal à en faire le tour ! Qui s’ en plaindrait ?

JUSQU’ AU BOUT


Une saison de plus s’ achève,et une fois de plus en toute beauté. Il sera tombé au total plus d’ 1,50 mètre de pur bonheur. Seules deux, voire trois, journées de mauvais temps nous ont obligés à ralentir la cadence… pour repartir de plus belle avec le retour du soleil.
Le vice nous a poussés à remonter le week-end de la fermeture pour la der de der mais le paysage était redevenu le même qu’ à notre arrivée trois semaines plutôt. Nous sommes allés chercher la neige au plus haut. Nos efforts ont été récompensés par une quinzaine de centimètres avec lesquels nous avons pris notre pied jusqu’ au bout. Autant dire que nous avons pris tout ce que nous pouvions. La boucle est bouclée ; il ne reste plus qu’ à passer un coup de fart et faire en sorte que l’ été passe vite. Bon, va bien falloir que je le rentre ce 360° flip …

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