surfin tahiti

Trip surf                                                                                                            Retour à « reportages »

texte/photos : Xavier Leonti

12 juillet :

Premières notes. Nous sommes en Polynésie depuis 9 jours. Sur le bateau pour la 5ème nuit. Première session ce soir. YES… Après quelques années de surf front side, il fallait bien qu’un jour ou l’autre je tourne le dos au problême. En arrivant ici, j’ avais des craintes : nouvelle board, nouvelles vagues (de reefs !!), surf back-side et 10 mois d’inactivité surfistique pour couronner le tout (eh oui en Haute Savoie y a pas trop de vagues !) Que nenni les craintes : envolées. 1m 50, superbe (je m’impressionne) 5 à l’eau, ivresse qui valait l’attente et les suées pour arriver jusqu’ici. Retour tardif au bateau dont on ne distingue plus que les contours dans l’obscurité naisssante. Nous sommes à Haapiti depuis hier soir.

Flash-back. Arrivée à Papeete à 3 heure du mat’, après plus de 20 h de vol. Les somnifères nous ont permis de dormir, nous n’avons pas trop la tête dans le c.. mais il est hors de question de rester dans l’aéroport. Steph n’a pu venir, il est toujours à Raiatea, l’Océan est déchainé et n’autorise personne à prendre le large. De toute manière, il nous faut rester ici au moins 24 heure car ma planche n’est pas arrivée avec nous. L’étape de Los Angeles est fatale (y font chier ces ricains): débarquer les bagages pour les rembarquer 100 mètres plus loin pour ce résultat !! La première personne à nous adresser la parole est un « rae rae » !(travesti, nombreux là-bas, homophobie inexistante). Il nous indique le motel que nous cherchions histoire quand même de s’allonger un peu. Un peu de repos ne fait pas de mal…

3 juillet : il pleut depuis 2 jours non stop. Steph n’a toujours pas pu prendre la mer. Nous avons bougé à Mooréa chez son frère, après l’arrivée de ma planche. Nous sommes bien reposé, le temps commence à être long… mais le spectacle des dauphins devant nous, dans la baie d’Opunohu nous rappelle qu’il y a plus malheureux !


4 juillet : Steph arrive. Yes. La dernière fois que nous nous étions vu, c’était sur la presqu’ile de …… au Costa Rica. 10 mois déjà ! Nous voilà reparti pour de nouvelles aventures. Il a déjà commencé sans nous attendre. Il vient d’essuyé 30 heure de voile dans une mer démontée. Tirer des bords incessants contre le vents, coucher le plus clair du temps car trop malade !(c’est dire comme ça bougeait car il n’est pas du tout sujet au mal de mer en temps normal !!) lever toutes les deux heures pour faire le point et virer de bord : joies de la haute-mer, sans compter le matériel endommagé. Enfin, il est bien arrivé, c’est l’essentiel.


7 juillet : enfin le bateau est presque paré. Nous venons de passer les dernières journées à le nettoyer, à l’astiquer dans tous les sens pour réparer les dégats de la tempête et tout simplement aussi pour finir le travail car Steph vient de bosser 2 mois dessus au carénage à Raiatea. Il a acheté ce 11 mêtres, il y a quelques mois à Tahiti et il a fallut le remettre sur pied (si on peut dire !) Il vient juste de finir en fait ! De toute manière, il y a le vent du Sud (Maaramu) qui souffle et qui pourrit le (bon) spot de surf de l’Ile. Oui en ce moment, il n’y a pas bcp de spot qui marchent car l’hiver c’est la côte Sud qui prend la houle (de Sud) et donc seulement une moitié d’ile ramasse des vagues. Autant dire qu’il y a 2 spots pour tout Mooréa en ce moment, un troisième si on rajoute …… mais il n’est pas régulier et ne marche pas tout le temps. Bref on taf en attendant des jours meilleurs.

Ce ne sera pas pour aujourd’hui (les jours meilleurs!) : après un bref petit dej, nous partons direction les ferry pour retourner sur la grande Ile. Nous arpentons le bitume de Papeete dans tous les sens : chercher des outils, un pot pour le compresseur à la base nautique, des lattes pour la grand voile ailleurs, la grand voile ailleurs !, des ampoules pour le carré à l’autre bout de la ville. Evidemment, il ne fait pas froid quoi qu’en disent les locaux ! Nous gardons le meilleure pour la fin : les courses. Nous prenons un truck (transport collectif locaux) pour nous rendre à Carrefour ! Armé de deux sacs de 60 litres, on se retape le trajet de retour plus chargés que des sherpas en direction du camp de base du K2 !Ah j’oubliais, nous avons aussi à nous trimballer la caisse de survie du bateau( 30 kilos environ !), heureusement, on nous la livre à l’embarquement. De nouveau le ferry (prenez le Aremiti 5, mieux et bouge moins que le Morréa Express ) en fait ce sont des catamarans car ils vont plus vite que les ferrys. Un nouveau bus sur Mooréa, chargé comme des mules et nous voici au bord de l’eau pour décharger et recharger sur l’annexe du bateau. C’est parti pour plusieurs aller retour entre la terre et le bateau, puis pour un ultime déchargement (je sais, ça commence à vous saouler mais nous aussi !! ) et un dernier rangement. Il ne nous reste plus qu’ à retourner chez Tony pour prendre nos affaires (il faudra les faires avant !!). Donc retour en marchant, on fait nos sac, on range et on repart. Le vent redouble de fureur. On se retape encore de la marche chargé avec ces mêmes sacs complets… Non Tony a pitié de nous et il nous ramène au bord de l’eau avec son 4×4, yes. Dernier trajet épique à bord de l’annexe, dans la baie, en pleine nuit (et oui ça prend du temps tout ça !) contre le vent. Attention à ne pas se retourner et à ne pas prendre les cordes de mouillages des autres bateaux ! On arrive trempé mais on arrive enfin au bout de cette journée de fou. Tenez vous le pour dit, préparer un bateau, ça prend du temps !!! Demain matin, on lève l’ancre.

13 juillet (tiens çe n’est que maintenant que je fais le lien avec la date..) : il est6h30, la nuit fut assez difficile, sommeil léger, du bruit un peu partout bref je ne me suis pas encore habitué à ce nouvel espace. Nous partons surfer directement. Nous sommes les premiers, sourire ! Steph « gare » l’annexe qui nous épargne de longues rames (quoi que moins longues que ceux qui viennent du bord de toute façon arfarfarf !). A peine à l’eau on constate le fort courant. Soit, ce sera encore plus facile pour remonter au pic, on se dit ! Je n’ai pas encore pris de vagues que la taille monte, monte… La houle rentre en force et les séries font 3 mètres allègrement. Dilemne : le courant tire vers l’intérieur du pic, endroit ou je n’ai guère envie d’aller même si d’ordinaire mon sloguan est plus c ‘est gros, mieux c’est. Souvenez vous, premier jour de surf hier alors malgré mes bonnes sensations, je ne me sens pas encore de dropper à l’inside, je n’ai pas encore de bras et pas de connaissance de la vague, autant dire pas confiance du tout. Le problême, c’est que si je reste en face de la passe, je vais me retrouver en Australie assez rapidement alors commence une longue trime que tous les surfeurs doivent affrontés un jour ou l’autre : ramer, ramer et ramer. Je suis obligé d’affronter le courant de face après 10 mois, dure remise en jambe ! Je rame pendant une heure. Assez longtemps pour entendre Steph crier quelque chose mais sans savoir quoi, assez longtemps pour voir un mec arriver et me dire que c’est pas là qu’il faut être !! ( rigolera bien qui rigolera…). Je prie pour voir Steph arriver avec l’annexe car je commence à être sec. Pourtant, il ne faut pas s’arrêter sinon tout sera à refaire au mieux, au pire, il faudra compter sur une baleine pour te ramener du milieu de nul alors garde tes forces et rame..


Je réussis à gagner de précieux mètres, je vois Steph qui pousse ce qui ressemble au réservoir de l’annexe. Rapidement je comprends qu’elle a coulée. Elle était trop prêt pour cette taille qui sortait de nul part. Il est lui aussi fatigué, il me crie qu’il va devoir abandonner le réservoir sans quoi il sera incapable de rentrer. Maintenant, plus question de compter sur l’annexe salvatrice, il va falloir ramer encore et ne pas se relacher. il va lacher prise quand j’aperçois un bateau de pécheur qui s’apprète à sortir de la passe arriver plein gaz. « Steph, Steph » Je crie « bateau » on se redresse sur nos planches, grands signes, tension il nous renvoient un signe croyant à un bonjour, je croise les bras genre « pitié help »et finalement ils changent de cap, il repêche Steph, puis viennent vers moi. YES. Putain, c’est le mot ! je sais pas comment on aurait fait. Nous voici à l’abri mais nous avons un moteur au fond et une annexe à tirer de la. Il nous ramène au voilier et en on profite pour ramener à terre le bouffon de toute à l’heure et sa copine ! Sur le bateau, on récupère couteau, plames, masques, bouées (pare-battage) pour délester le poids du moteur….. Il faudra faire des ronds avec le puissant bateau des pécheurs, s’éloigner des vagues pendant les séries, revenir, lancer des cordesà Steph, dans l’eau qui doit plonger pour décrocher l’ancre, faire en sorte que l’annexe racle les coraux du fond le moins possible, idem pour le moteur. Le pilote doit garder un oeil sur les vagues et gérer Steph dans l’eau , on lui donne des indications, rien n’est simple. Ne serait ce que retrouver l’annexe et lutter contre ce courant pour Steph, que j’admire dans ce moment là.

Le temps se sera écoulé vraiment lentement durant cette matinée. Plus de 3 heures à lutter comme des enragés. Le reste de la journée se fera au bord, à rotir et à rincer à l’eau douce le moteur, essayer de réparer ce qui peut l’être… A faire des aller retour avec le bateau avec les rames de secours pour finir par contacter Tony à la radio. Il débarquera de l’autre côté de l’ile en fin de journée. C’est un pro de la mécanique et le moteur se verra confier une deuxième vie ! Tant mieux. Nous aurons perdu nos tongs!, les rames, une journée, un seau et je crois que c’est déjà pas mal. Quel bonheur de rentrer le soir, pousser par un petit 9.9 qui ronronne. Une nouvelle journée s’achève, une nouvelle fois pas de tout repos, mais nous en sommes quitte pour un avertissement cette fois. Plus tard, nous verrons des Tahitiens se faire avoir de la même façon mais eux avait une annexe insubmerssible. Ce sera la deuxième leçon à retenir : un zodiac ou n’importe quoi qui ne coule pas, c’est mieux (pensez y pour ceux que l’aventure tente…)


Fin juillet : on entreprend la traversée Mooréa / Tahiti afin d’aller chercher des potes à Steph : + de 30° de gîte, force 6.. je préfère la montagne. Dur, dur pendant 5 heures malgrè le capitaine qui semble à l’aise. Nous avons pris 2 ris d’entrée de jeu. On ne peut pas faire moins ! Adviennes que pourra.


début aout : conditions de surf médiocre. Occasion idéale pour aller donner à manger aux raies, aux requins et se promener dans ce petit paradis. Eau transparente, couleur carte postale, cocotiers, sable blanc… durant tout le séjour. La question : je plonge du bateau mais il y a combien 1 mètre ou 5 ?

6 aout : le surf est bon, rien d’autre à ajouter. Drops radicals et cris du guerrier en bas de vagues. Mortel ! Nous repartons quelques jours plus tard pour faire le plein dans une marina. Pêche à la traine au programme. Coucou aux baleines et croisière beaucoup plus tranquille… Souple. Un thazar (barracuda)mord à l’hameçon, la lutte est de courte de durée car il est bien fatigué. Prétexte idéal le soir à la marina pour manger avec Coco le gardien de lieux et sa famille. Sa femme nous prépare un poisson à la tahitienne (poisson cru et coco ) délicieux… Ce soir là, je rencontre un skieur! Le monsieur était descendeur à une certaine époque, il a fait les JO de Sarajevo en 1982 ! Le monde est petit ! Ce pyrénéen d’origine, ancien wind surfer pro, ami de Laird et d’autres est venu passer sa vie ici. Il y a plus mal comme reconversion !!

C’est le propre des voyages… la rencontre avec d’autres baroudeurs qui vous racontent d’autres voyages, d’autres endroits magnifiques qui sont autant de nouvelles et nombreuses invitations à voyager encore et encore… Tous comme les moments merveilleux que nous vivons. Les pêches sous marine la nuit et le barbecue dans la foulée (oui sur le bateau !), l’aileron du requin au loin, la tortue qui nous accompagne au surf comme les dauphins qui nous ouvrent la marche en bateau. Comme « ptit Louis » dessinateur qui nous a pris en stop, grand ami de Tabarly. Comme ses paysages magnifiques, ces gens acceuillants et chaleureux, ces machines à vagues, les souvenirs de ces sensations de glisse que nous aimerions ne jamais voir s’arrêter.

Comme ces amitiés qui se lient dans ces moments si passionés et si passionants. A l’image de Steph que nous avons rencontré au Portugal, puis retrouvé 10 mois après au Costa Rica, puis encore 10 mois plus tard en Polynésie. Actuellement, mon cochon tu dois te trouver à 0° de latitude, et pile sous Hawai, dans un chapelet d’ile encore plus jolies, j’en mets ma main à couper mais avec le premier hopital à 1600 km, fais gaffe, et donnes nous des nouvelles dans 4 mois environs quand tu sera revenu un peu dans ce monde virtuel….

Retour à « reportages »